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  • : Ici vous trouverez des textes, des phrases, des images. Les thèmes seront divers, variés et sortis de ma tête sauf contre-indication. Certains textes peuvent être à caractère sexuel ou morbide et pourrait donc HEURTER votre SENSIBILITE. Bonne lecture ^^
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Samedi 31 octobre 2009 6 31 /10 /Oct /2009 15:37
Le lendemain Hurlit se présenta devant Calvin à l'heure habituelle. Ce dernier l'attendait patiemment dans la salle de repos comme chaque matin.
-Bonjour, Calvin. lança Hurlit en souriant doucement.
-Bonjour. répondit le spécialiste sans vraiment prêter attention à Hurlit qui déposait sa veste dans son placard.
Hurlit se pencha ensuite par dessus l'épaule de Calvin et lut les gros titres. Calvin ne devait pas être là depuis plus d'une dizaine de minutes, il n'en était qu'à la quatrième page du journal quotidien.
-Evidemment, commença Calvin en relevant la tête, ils parlent de Julie dans le journal.
Hurlit se redressa et ferma son placard.
-Et que disent-ils ? grommela-t-il plus qu'il ne demanda.
-Qu'une autre personne a été envoyée dans notre section et que cette dernière est bien jeune. Au fond ils ne savent rien de cette histoire, même pas son prénom.
Il referma alors brusquement le journal et le jeta dans la poubelle sans ménagement. Hurlit haussa un sourcil et resta interdit, la lèvre inférieure coincée entre ses dents. Finalement Calvin avait peut-être déjà tout lu et était revenu en arrière pour relire un article.
Calvin se rendit compte de l'air qu'arborait Hurlit et sourit doucement.
-Tu n'es pas en retard, rassure-toi. dit-il. Je suis arrivé en avance, comme je ne dormais plus j'en ai profité pour aller voir Julie.
Hurlit revint à lui immédiatement.
-Comment va-t-elle ? demanda-t-il en s'approchant de Calvin qui venait tout juste d'ouvrir la porte.
-Bien, tu vas pouvoir le constater par toi-même. C'est l'heure de leur servir le petit-déjeuner.
Calvin passa le seuil de la porte et Hurlit le suivit à la hâte.

Calvin poussa la porte du couloir et Hurlit le suivit sans rien dire. Ils s'arrêtèrent tous deux devant la pièce qui renfermait Julie et Hurlit s'approcha pour la regarder à travers la vitre.
-Elle dort. murmura-t-il en souriant doucement, soulagé.
-Il semblerait qu'elle soit calme, en effet. Je ne sais pas si elle a eu une crise dans la nuit mais je n'ai pas eu d'échos de la part de Flaminia. affirma Calvin.
Hurlit fit ensuite un pas en arrière et se tourna vers Calvin.
-Je pense qu'elle risque d'en faire une à son réveil. déclara-t-il.
-Je pense la même chose. La crise pourrait d'ailleurs être la cause de son réveil. déclara le spécialiste en tournant les talons vers le fond du couloir. En attendant, allons voir pour servir le petit-déjeuner.
Hurlit le suivit sans rien dire, le couloir était calme, personne ne subissait les effets de la maladie. Comme Julie, ils devaient tous dormir.

Calvin poussa la porte menant aux cuisines et Hurlit le suivit en cherchant immédiatement Marlène des yeux. Il fit la moue en ne la voyant pas dans la salle. Calvin salua Kim et Hurlit en fit autant après s'être repris.
-Les dernières bouteilles de lait et de café chaud vont arriver. annonça Kim en se plaçant à côté du chariot.
-D'accord. fit simplement Calvin.
Le chef était à la place qu'avait occupée Marlène la veille au soir. Il tartinait frénétiquement des tranches de pains avec du beurre et un peu de confiture avant de les déposer sur le chariot à côté des autres tartines sur l'étagère la plus haute. Hurlit le regarda faire un long moment puis observa de quoi se composait le petit déjeuner. Les personnes auraient donc droit à du pain beurré avec de la confiture, du lait ou du café selon leur préférence, ainsi que du jus d'orange et des biscuits. Le chef posa finalement la dernière tartine sur le chariot, essuya ses mains sur son tablier et se plaça devant le bac pour laver les outils de cuisine. Peu de temps après, des bruits de pas attirèrent l'attention de Hurlit. Marlène entra par la porte au fond à droite de la cuisine. Sans s'en rendre compte, Hurlit sourit légèrement et Marlène lui rendit aussitôt. Elle s'avança vers eux en les saluant et déposa le bac fumant, qu'elle tenait à deux mains protégées par des gants, à côté du chariot. Kim enfila prestement un gant et se plaça de l'autre côté du bac. Ils s'accroupirent ensuite et, sous le regard de Calvin et Hurlit, commencèrent à déposer les bouteilles sur la deuxième étagère à côté des autres.
-Tout y est. clama finalement Marlène en se relevant et souriant largement en regardant Hurlit et Calvin.
Kim se redressa à sa suite et retira son gant qu'il déposa sur le plan de travail.
-Dans ce cas, nous allons servir ce petit-déjeuner et rapporter les couverts d'hier soir. affirma Calvin en plaçant ses mains sur le chariot.
Kim avait pris une éponge et nettoyait désormais le plan de travail qu'avait sali le chef peu avant.
-Alors, à tout à l'heure. déclara l'homme.
Calvin acquiesça d'un hochement de tête et poussa le chariot vers la porte que Hurlit s'empressa d'ouvrir. Ils quittèrent alors les cuisines, non sans un regard de Hurlit pour Marlène qui lui sourit doucement avant qu'il ne sorte.

La plupart des patients dormaient encore, comme l'avait pensé Hurlit un peu plus tôt. Il fut d'ailleurs soulagé de constater que chacun d'entre eux avait effectivement mangé son dîner. Mais l'angoisse le tenaillait. Julie le préoccupait grandement, et ce, même si Marlène lui avait affirmé que tout allait bien lors de la soirée. De plus, comme la veille, Julie serait servie en dernière. Il devrait donc attendre et prendre son mal en patience. Il se mordit légèrement la lèvre inférieure sans s'en rendre compte, en entrant il n'avait pas pensé à chercher à voir si son assiette était vide ou non. D'ailleurs il n'aurait probablement pas pu s'en assurer, les repas étaient placés dans le coin gauche de la pièce et souvent déplacés par le malade puis redéposés dans le coin à droite ou à gauche, ce qui rendait la chose non clairement visible de l'extérieur.
Toutefois, le fait de voir Calvin sortir de chaque chambre avec les plats vides avait tendance à le rassurer et le conforter dans l'idée que, comme eux, Julie ne se laisserait pas mourir de faim.
-Hurlit ? l'interpella soudain Calvin.
Le jeune homme venait de s'égarer dans ses pensées et Calvin s'en était aisément rendu compte. Il l'avait donc ramené sur terre.
Hurlit eut alors un léger sursaut et tourna vivement la tête vers le spécialiste en s'excusant. Ce dernier sourit légèrement, sachant  très bien ce qui préoccupait ainsi Hurlit. Il lui fit alors un signe de tête pour lui signaler que ce n'était pas quelque chose d'important.
Calvin prit d'ailleurs dans la foulée une bouteille de café et le reste pour couper court aux éventuelles excuses qu'allaient engranger Hurlit. Le spécialiste fit ensuite volte-face, se retrouvant ainsi devant la porte. Hurlit contourna alors rapidement le chariot et lui ouvrit, à la hâte, la porte d'un énième patient. Celui-ci était assis au centre la pièce et fixait, inlassablement et la tête bien droite, un point inexistant au loin droit devant lui.
L'homme se nommait Basil et était ici depuis dix-huit jours. Sa femme avait été retrouvé morte chez lui, tuée par un voleur après s'être battue pour sauver sa vie.
Calvin pénétra dans la pièce et traversa le champ de vision de Basil sans que cela ne le perturbe. Il déposa le petit-déjeuner et reprit les couverts de la veille, le tout sans jamais quitter l'homme des yeux. Le spécialiste fit alors deux petits pas vers la sortie quand Basil se leva d'un bond et fondit sur Calvin. L'homme lâcha instantanément ce qu'il avait en mains et fit un mouvement brusque de recul mais trop tard. Basil l'avait saisi à la gorge et plaqué au sol.
Hurlit pénétra aussitôt dans la chambre lorsqu'il entendit les couverts tomber. Il posa son regard sur les deux hommes et écarquilla les yeux en grands. Calvin se débattait comme il pouvait mais Basil était bien plus puissant et n'avait aucun mal à le maintenir au sol et à garder une pression importante sur sa gorge. A cette vision le sang d'Hurlit ne fit qu'un tour et son poing vint violemment s'écraser sur la mâchoire de Basil qui s'écroula sur le flanc droit, inerte. L'homme devait certes être sonné mais pas au point de ne plus pouvoir bouger.  Pourtant il restait immobile, son esprit ailleurs. Hurlit ne s'en plaint pas et, constatant ce fait, il attrapa Calvin par les épaules et le traîna à l'extérieur, l'adossa contre le mur et referma rapidement la porte.
Hurlit se retourna alors vers le spécialiste et massa son poing endolori. Calvin avait le souffle court et toussait de temps en temps. Sa gorge avait viré au rouge tirant légèrement sur le bleu suite à la strangulation. Hurlit l'observa, interdit. Il venait de frapper un patient et d'ailleurs c'était la première fois qu'il frappait quelqu'un de la sorte et qu'il voyait une pareille scène. Finalement ses nerfs lâchèrent et il s'emporta.
-Mais qu'est-ce qu'il lui a pris, bon sang ?! s'exclama-t-il.
-Je te l'avais dit. fit Calvin avec calme mais non sans difficulté. Il arrive que certains patients tentent de nous tuer dans un excès de délire. Il m'a probablement pris pour le meurtrier de sa femme.
Calvin haussa les épaules et se releva alors péniblement sous les yeux écarquillés de Hurlit qui le fixait sans relâche. Il était au moins autant inquiet qu'en colère. Que ce serait-il passé s'il n'avait pas été là ? Il se raidit alors de tout son long. Il n'avait pas entendu parler d'un quelconque assistant avant lui. Calvin avait-il donc servi ainsi les plats seul pendant plusieurs années, au risque de se voir tuer par un patient ?
-Il faut finir le service. ajouta Calvin en passant devant Hurlit sans le regarder.
Le jeune homme grimaça fortement. Comment pouvait-il rester si calme après ce qui venait de se passer ? Basil avait manqué de peu de le tuer.
-Allez, dépêche-toi. enchérit le spécialiste en avançant vers la chambre suivante.
Hurlit se tourna vers lui, l'observa et fronça les sourcils avant de soupirer et de le suivre à contre-coeur.

Après quelques patients de servis, Hurlit ne put plus se contenir et aborda le sujet qui le tiraillait.
-Avant que je n'arrive, tu servais seul ? demanda-t-il.
Calvin ferma la porte de la chambre et se tourna vers le jeune homme en souriant légèrement en coin.
-Bien sûr que non, je tiens à la vie.
Les muscles de Hurlit se détendirent et il se sentit soulagé. Il se maudit alors d'avoir cru un instant que Calvin avait pris le risque de servir seul pendant un certain temps.
-C'était Kim qui m'accompagnait avant. ajouta l'homme. Mais c'est la première fois que je passe si près de la mort. avoua-t-il.
Calvin baissa légèrement la tête, était-il donc fautif ? C'est vrai qu'il aurait dû être prêt à réagir plus vite.
-Non pas que ce soit ta faute et que tu sois moins compétent que Kim, mais c'est la première fois qu'un homme aussi fort m'attaque. fit Calvin en se rendant compte que Hurlit prenait sur lui. De toute manière, c'est le comportement typiquement imprévisible, n'importe quel patient peut tout à coup avoir une réaction de ce genre.
Hurlit frémit alors de tout son corps en imaginant Julie lui sauter au cou et tenter de le tuer. Il ne se voyait pas la frapper ou tenter de lui faire du mal et pourtant il ne voulait pas mourir ainsi. Il grimaça en se rendant compte de la difficulté de la chose, se faire agresser ainsi par une personne dont on a la charge et qu'on veut protéger devait être extrêmement pénible. Il comprit alors ce que pouvait bien ressentir Calvin et pourquoi il était resté si calme après avoir failli mourir.
Il s'aperçut alors que Calvin était déjà devant la porte de la prochaine chambre à servir et poussa le chariot vers lui. Ils continuèrent alors le service sans encombre.

Vint finalement le tour de Julie. Ils s'arrêtèrent tous deux devant la porte et Calvin prit alors la parole.
-Tu veux lui donner son petit-déjeuner ? demanda le spécialiste.
Hurlit tourna vivement la tête vers Calvin et le fixa intensément. La surprise et la joie se lisaient aisément sur son visage. Il hocha alors de la tête pour lui montrer qu'il acceptait.
-Avec joie. fit-il pour appuyer son geste.
Il se plaça alors sur le côté du chariot et resta de marbre devant celui-ci. Il posa ses yeux sur Calvin derechef.
-Je ne sais pas si elle boit du lait ou du café, je lui sers donc les deux ? le questionna-t-il pour s'assurer que ce dernier ne savait pas non plus.
Calvin sourit largement et lui répondit par l'affirmative.
Hurlit s'empara alors des deux bouteilles ainsi que de l'habituelle bouteille de jus d'orange, des biscuits et la tartine de pain, le tout sur un plateau, comme pour chacun des autres patients.
Cette fois c'est Calvin qui lui ouvrit la porte et Hurlit pénétra dans la chambre non sans regarder un moment la jeune femme qui était allongée sur le sol et dormait encore. Calvin l'observa faire sans rien dire, il arborait juste un sourire aux coins des lèvres.
Hurlit déposa finalement le plateau à côté de celui du dîner, se saisit de ce dernier et sortit de la pièce sans jamais quitter Julie du regard.
Calvin referma alors la porte derrière lui et prit la parole.
-Tu ne cesses de la regarder, ce qui est une bonne chose, mais on sent que ce n'est pas par méfiance. Je t'aurais fait faire le service dans une autre chambre, tu n'aurais probablement pas été aussi attentif au patient. déclara le spécialiste.
Hurlit se redressa après avoir déposé le plateau du dîner sur le chariot et se tourna vers Calvin.
-Oui, tu as sûrement raison. avoua Hurlit en se pinçant la lèvre inférieure.
-Il faudra être plus prudent à l'avenir, tu as vu par toi-même ce qui peut se produire et ce même quand on est attentif. ajouta Calvin en se tournant vers le fond du couloir.
Hurlit grimaça en repensant à ce qui s'était produit peu avant et se plaça derrière le chariot qu'il poussa pour aller le ranger dans les cuisines.

Après quelques pas, des cris stridents se firent entendre. Hurlit s'arrêta net et tourna instantanément la tête vers la chambre de Julie. Il lâcha alors le chariot et se précipita vers elle.
Julie était réveillée et hurlait à tue-tête comme une possédée, debout, au milieu de la pièce. Calvin se plaça à côté de Hurlit et observa la jeune femme.
-L'odeur du petit-déjeuner a dû la réveiller. suggéra le spécialiste.
Hurlit ne dit rien, il fixait avec attention la jeune femme. Cette dernière cessa finalement de crier et se laissa tomber à quatre pattes sur le sol qu'elle martela violemment de son poing droit.
-Pourquoi ? demandait-elle à chaque fois que son poing s'écrasait sur le sol mou.
Le corps de Hurlit se tendait à chaque fois qu'elle posait cette question. La peine qu'il éprouvait pour Julie se lisait très aisément sur son visage tout comme la détermination de la sortir de cette situation qui l'insupportait.
La jeune femme se mit ensuite à taper des deux poings en criant puis cessa soudain. Elle fondit en larmes et s'effondra de tout son long. Elle se mit alors à sangloter, se replia sur elle-même et fut prise de soubresauts de temps à autre. Quelques minutes plus tard, la crise était passée.
-C'est fini. annonça Hurlit avec soulagement. Mais elle n'a pas prononcé un seul nom.
-En effet. fit le spécialiste sur un ton qui montrait sa déception.
Il s'écarta alors de la porte et reprit.
-Je vais contacter ses parents et demander si on peut passer chez eux pour leur poser quelques questions et, pourquoi pas, fouiller sa chambre à la recherche d'un quelconque objet pouvant nous renseigner sur la personne qui lui fait défaut.
Hurlit se décala de la porte et repassa derrière le chariot.
-Pourrai-je t'accompagner ? demanda-t-il alors qu'ils avançaient vers les cuisines.
-Cela va de soi. répondit Calvin en lui souriant.

Lorsqu'ils pénétrèrent dans les cuisines, les trois personnes s'aperçurent rapidement de la marque que Calvin portait au cou. Toutefois personne n'en dit rien, seule Marlène grimaça un instant avant de se tourner pour cacher son visage. Il régna alors une certaine tension dans la pièce. Calvin resta d'ailleurs à côté de la porte et sa voix brisa rapidement le silence pesant.
-Je vais contacter les parents de suite. annonça-t-il.
-D'accord. déclara Hurlit en se tournant vers lui.
Calvin était sorti immédiatement après ce qu'il avait dit et n'avait probablement pas entendu ce qu'avait dit Hurlit.
Le jeune homme poussa ensuite le chariot vers le fond de la pièce où se trouvait la porte par laquelle était sortie Marlène ce matin. Il se redressa, posa ses yeux sur Marlène et y eut lu l'inquiétude. Il regarda les deux autres et put lire le même sentiment.
-Un patient a tenté de l'étrangler. déclara Hurlit en baissant légèrement les yeux.
Le chef des cuisines grommela et Marlène se raidit alors que Kim fit un pas vers lui. Hurlit ferma alors les yeux en s'attendant à une quelconque réprime de la part de celui qui accompagnait Calvin auparavant. Il sentit alors une main se poser sur son épaule qui le serra doucement.
-J'imagine que si tu n'étais pas intervenu, il y serait resté. affirma Kim en souriant doucement.
Hurlit redressa alors la tête et un léger sourire perça sur son visage.
-Oui, c'est vrai. murmura Hurlit. Mais comment savez-vous que... ?
-Ta main droite. répondit Kim sans le laisser finir. Elle tremble sans arrêt et porte la marque d'un coup porté.
Kim s'écarta alors du jeune homme et ce dernier posa ses yeux sur sa main. En effet sa main tremblait et portait une marque presque violette, il ne s'en était même pas rendu compte.
-Tu as fait ce qu'il fallait. ajouta Kim en souriant largement.
Hurlit releva la tête et sourit doucement. Il posa ensuite ses yeux sur Marlène qui le fixait. La jeune femme acquiesça et lui offrit un sourire chaleureux.
-Tu n'as pas de remord à avoir. ajouta Marlène en s'approchant de lui. Tu n'y es pour rien s'il a put se saisir de la gorge de Calvin. Frapper était la meilleure chose à faire.
Elle prit alors sa main droite dans les siennes et lui sourit largement pour le réconforter. Les joues de Hurlit prirent alors une légère teinte rose et les portes de la cuisine s'ouvrirent, coupant court à ce moment qui le perturbait.
-Hurlit. appela Calvin. Ses parents acceptent de nous recevoir ce matin, nous partons dans l'instant. déclara-t-il.
Calvin vit immédiatement Marlène tenant la main de Hurlit, sourit doucement et sortit de la pièce. Hurlit se ressaisit immédiatement, rompit le contact fit un pas vers la porte mais s'arrêta net. Il posa alors ses yeux dans ceux de Marlène.
-Merci beaucoup. dit-il en souriant.
Marlène lui rendit son sourire et Hurlit quitta la pièce à la hâte.
Kim grommela et se tourna alors vers Marlène.
-Et moi, alors ? grogna-t-il.
Marlène se mit alors à rire et le chef cuisinier aussi.
-Quelle injustice. ajouta-t-il avant de sourire en coin et de se remettre au travail.
Par Raziel - Publié dans : La Maladie du Coeur - Communauté : jeune auteur et compositeur
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Dimanche 4 décembre 2011 7 04 /12 /Déc /2011 21:42

Hurlit traversa ensuite le couloir au pas de course mais s’arrêta tout de même devant la chambre de Julie. Il l’observa quelques secondes. Elle était assise en tailleur, lui offrant pour seule vision son propre dos, et fixait le mur telle une statue de bronze. Il soupira alors et reprit sa petite course vers la salle de repos faisant aussi office de vestiaire.
Calvin était bien évidemment déjà là et prêt à partir. Le spécialiste lui offrit un léger sourire en le voyant entrer et ne le quitta pas du regard quand il le vit s’approcher de son casier. Hurlit s’arrêta devant celui-ci et resta un moment interdit. Calvin le regarda amusé.
Devant son casier trônait la veste qu’il avait prêtée à Marlène la veille après leur soirée au restaurant. Sentant le regard du spécialiste sur lui, Hurlit se reprit et ouvrit son casier en faisant mine de rien. Il venait de repenser à la soirée qu’ils avaient eue, un bref instant, c’était la seule qu’il n’ait jamais faite en plusieurs années et elle prenait une part importante dans ses sentiments. Il renouait enfin avec le côté social de la vie.
Il retira alors sa blouse et la plaça dans le casier, hésita plusieurs secondes et referma le placard. Il s’empara alors de la veste que Marlène lui avait rendue et se dirigea vers la sortie. Calvin poussa alors la porte en le voyant s’approcher et la lui tint. Dans la foulée Hurlit passa son bras droit dans la manche de la veste et l’enfila. Une fois le seuil passé, alors que la porte se refermait d’elle-même et que Calvin prenait le large, il remit le col en place, ferma la veste et s’arrêta net.
En fermant la veste, son nez avait reçu les effluves du parfum que le vêtement avait imprégnés. C’était bien évidemment celui de Marlène. L’odeur s’engouffra profondément ses poumons mais surtout son esprit si bien qu’il resta ainsi, debout, dans un autre monde à humer son parfum. Une fois encore, la soirée qu’il avait passée avec Marlène défila devant ses yeux. Mais cette fois-ci ce fut différent de la vision qui avait suivi la vue de la veste. Les battements de son coeur s’accélérèrent, il sentit ses mains devenir légèrement moite, une étrange chaleur submergea son corps et Calvin le ramena à la réalité.
-Et bien que t’arrive-t-il ?! demanda le spécialiste.
Calvin était désormais juste devant Hurlit et le fixait, une moue amusée sur le visage.
-Tu devrais plutôt être en train de me presser pour que l’on parvienne au plus vite chez Julie mais tu restes là à rêvasser. Serais-tu si excité à l’idée de découvrir quelque chose que tu en perds tes moyens ? questionna-t-il.
Le spécialiste ne laissa même pas le temps à Hurlit, la bouche entrouverte ne sachant que dire, de répondre ou se justifier, qu’il était déjà quelques mètres devant, jouant avec les clefs de la voiture.
Hurlit secoua légèrement la tête comme pour chasser ces pensées de son esprit et rattrapa le spécialiste.


Il ne leur fallut qu’environ une demi-heure pour parvenir à la résidence des parents de Julie, celle-ci étant en périphérie de la ville. Pendant le trajet, la seule animation fut offerte par la radio, aucun des deux hommes ne parla. L’un était concentré sur la route, pendant que l’autre se demandait s’ils allaient parvenir à tirer quelque chose d’important de cette rencontre.
Les deux hommes se présentèrent alors devant le portillon de bois et Calvin le poussa sans prendre la peine de sonner. C’est d’ailleurs Hurlit qui se chargea de le refermer avant de faire réellement face à la maison, non visible de l’extérieur en raison de l’enceinte se composant d’un haut muret.
Un jardin s’offrit à eux. Celui-ci devait faire dans les cents mètres carré et encadrait la maison d’une famille que l’on devinait relativement aisée. Le terrain était parfaitement plat et bien entretenu, il y avait d’ailleurs un parterre de fleurs vide, en raison de la saison, non loin de la porte d’entrée. Les deux hommes avancèrent sur le chemin tout tracé et fait de dalles de bétons recouvertes de carrelages pour arriver enfin à la porte d’entrée. Calvin toqua presque immédiatement après s’arrêter, il n’y avait aucune place pour l’hésitation de son côté. Quant à Hurlit, lui il était des plus nerveux et cela se voyait. Il regardait partout autour de lui et ses doigts s’agitaient sur son jean. Il n’avait jamais tenu, ni même assisté, à un quelconque entretien de cette nature. D’ailleurs ce genre de choses n’était absolument pas dans la formation. C’était sans doute une de ces choses que l’on devait apprendre sur le terrain, à moins que Calvin soit le seul à procéder ainsi.
Finalement, ils purent entendre un léger cliquetis provenant de l’autre côté de la porte et celle-ci s’ouvrit doucement. La femme, qui avait fondu en larmes à l’hôpital peu après l’arrivée de Julie, se présenta devant eux. Comme l’avait pensé Hurlit, c’était bien la mère de la jeune femme.
-Docteur Lokki. Fit la femme en s’avançant d’un pas vers ce dernier et lui tendant la main que l’homme serra. Entrez, entrez. Ajouta-t-elle.
La femme ouvrit alors la porte en grand et le spécialiste la suivit à l’intérieur. Hurlit se faufila à la suite de l’homme. La mère de Julie l’ignorait totalement et s’il n’avait pas fait vite pour suivre Calvin, la femme lui aurait claqué la porte au nez. Hurlit fit la moue, mal à l’aise, et décida alors de rester aux côtés du spécialiste. La femme fit alors signe à Calvin de le suivre dans le salon. Les deux hommes la suivirent donc et la femme se plaça devant un fauteuil avant de prendre la parole.
-Asseyez-vous docteur, dit-elle en désignant le canapé, puis-je vous offrir à boire ?
Calvin s’assit alors et déclina l’offre. Voyant que Hurlit ne se sentait nullement à sa place, il l’enjoignit à s’asseoir lui aussi d’un geste de la main. La femme suivit alors le mouvement, n’adressant toujours aucun regard à Hurlit.
-En quoi puis-je vous être utile, docteur ? demanda-t-elle alors.
Les yeux de la femme brillaient légèrement, elle avait les larmes aux yeux, comme si elle était prête à exploser en sanglots. La situation lui était presque insupportable et cela se voyait aisément. Elle faisait un réel effort pour tenir une conversation correcte et garder une attitude un minimum posée. Malgré cela, on la voyait trembler de ci de là et, pour s’en cacher, elle avait tendance à bouger assez souvent dans le fauteuil mais rien n’y faisait, à peine avait-elle bougé que sa main gauche tremblait derechef. Elle était à fleur de peau.
-J’aimerais juste vous poser certaines questions au sujet de Julie comme je vous l’ai signalé au téléphone. Serait-il d’ailleurs possible de chercher un quelconque indice dans sa chambre ? Cela pourrait s’avérer utile dans notre espoir de l’aider.
Le spécialiste avait parlé calmement et sur un ton qui se voulait chaleureux. Il cherchait à l’évidence à apaiser la femme. Il avait d’ailleurs mentionné l’espoir qui les habitait, certes l’espoir n’était pas toujours un bon allié mais dans le cas présent ce dernier était de mise.
-Oui, bien entendu, si cela peut vous aider. La femme pointa l’entrée de la maison, le hall plus précisément. Les escaliers sont au fond en face de la porte d’entrée et sa chambre se situe sur la droite une fois à l’étage.
Calvin la gratifia alors d’un sourire et donna un coup de coude imperceptible, sauf pour la personne qui venait de le recevoir, à Hurlit.
-Tu veux bien te charger de sa chambre s’il te plait ? fit le spécialiste de manière rhétorique.
Hurlit acquiesça immédiatement et se leva pour quitter la pièce, soulagé de quitter la femme qui l’ignorait comme s’il n’existait pas le moins du monde.


Il abandonna donc le spécialiste à son interrogatoire et suivit les indications de la mère de Julie pour gagner la chambre de la jeune femme.
Il s’arrêta devant la porte de la chambre de Julie et sourit doucement. Même sans indication de la part de sa mère, il aurait trouvé que derrière cette porte se trouvait bel et bien la chambre de la jeune femme. Le bois peint en blanc arborait une plaquette portant le nom de la jeune femme et un poster se trouvait juste en dessous. Un « Défense d’Entrer » écrit en blanc sur un fond noir et une tête de mort avec un éclair par-dessus était le décor du poster. Il posa sa main sur la poignée, la baissa et pénétra dans la chambre en inspirant profondément comme s’il entrait dans un lieu empreint de mystères. Chose qui était quelque peu le cas pour le jeune homme, à part parfois la chambre de sa soeur, il n’avait jamais pénétré dans la chambre d’une femme.
Il resta un moment sur le seuil de la porte, embrassant la pièce du regard. C’était une chambre typique en quelque sorte. Le lit, de deux places, se situait sur la gauche et centré, la tête collée au mur, et encadré de deux chevets. L’armoire au fond de la pièce, proche du côté gauche du lit, juste à côté de la fenêtre elle-même située en face de la porte. Contre le pan de mur à droite il y avait le bureau presque collé à la fenêtre et en désordre évidemment. Suivait une bibliothèque pleine à craquer de livres en tout genre, si bien que Hurlit se demanda si on pouvait en retirer un seul sans effort ou en emporter plusieurs à la fois. Sur sa gauche, en face du côté droit du lit, était placée une commode. Tous les meubles avaient la même teinte, celle du pin. Qui plus est les quatre murs de la pièce étaient décorés de posters en tout genre, groupes musicaux, stars du cinéma, affiches de film, posters de jeux vidéo ou diverses photographies d’animaux ou de lieux connus et même un planisphère.
Hurlit fit un pas en avant et repoussa doucement la porte qui claqua légèrement. A l’évidence la porte se refermait toute seule sans le moindre effort comme si elle avait été conçue pour se clore automatiquement, phénomène probablement dû à une légère inclinaison de la porte et un bon huilage des gonds. Il entreprit alors de commencer ses recherches par l’endroit le plus désordonné, le bureau. Il s’approcha alors du meuble, sortit la chaise et prit en main ce qui reposait dessus, la chaise faisant office d’étagère. C’était un simple paquet de feuilles de cours, il le déposa donc par terre et s’assit. Il commença ensuite à fouiller à l’affut de la moindre chose qui sortirait de l’ordinaire. Mais rien. Des stylos, des bracelets, des photos, des babioles en tout genre, des classeurs et des cahiers de cours, un paquet de gâteaux ainsi que quelques dessins plus ou moins grossiers. Rien ne permettant de faire un quelconque lien avec une personne qui serait responsable de la maladie de Julie.
Il plaqua ses mains sur ses cuisses, soupira et quitta le bureau pour s’attaquer à la bibliothèque. Il parcourut du doigt et du regard chacun des livres. La plupart était des romans ou des BDs et aucun livre ne semblait avoir été déplacé plus souvent qu’un autre. Ils étaient tous comprimés les uns contre les autres et arboraient tous la même quantité de poussière. Si Julie avait caché quelque chose dans un de ces livres, c’était il y a bien longtemps en conclut Hurlit. Il haussa alors les épaules et jugea bon de ne pas s’attarder plus longuement ici. La jeune femme avait été amenée à leur service il y a peu, s’il fouillait chacun des livres, au mieux il trouverait quelques billets cachés, et probablement oubliés là, comme le feraient certaines personnes.


Il regarda les autres meubles et se gratta la tempe en se demandant lequel il allait fouiller ensuite. Il opta alors pour la commode. Il ouvrit donc le premier tiroir et son teint vira au rouge. Cette commode était le lieu de rangement des vêtements intimes. Il ferma alors les yeux et ravala sa salive, c’était la première fois qu’il en avait sous le nez, ou tout du moins c’était la première fois qu’il en voyait appartenant à quelqu’un et ayant été portés. Il soupira, se faisant violence pour ne pas sombrer dans un état de culpabilité profonde. Les sous-vêtements n’étaient censés être montré qu’à la personne qu’on avait épousée ou celle qui s’occupait du linge et personne d’autres. Il rouvrit finalement les yeux et prit son courage à deux mains. Il se mit alors à fouiller entre chaque pile de sous-vêtements et dans chaque tiroir.
Rien, la commode ne comportait que des vêtements. Il referma alors le dernier tiroir et se dirigea
vers l’armoire, autant en finir avec les vêtements de suite. Même résultat, uniquement des manteaux, des pantalons, pulls et T-shirt plus ou moins bien rangés d’ailleurs. Autant la commode était des plus impeccables, l’armoire laissait parfois à désirer, montrant plusieurs vêtements mis en boule ou pliés à la va-vite. Il referma la porte coulissante et se laissa tomber sur le lit lourdement.
Il haussa alors un sourcil, sourit et, dans un regain d’espoir, chercha sous le matelas. La fouille ne fut pas non plus fructueuse et il se rassit sur le lit en fixant le chevet à côté de lui. Il tendit finalement le bras et ouvrit le tiroir. Il commença alors à chercher dans le capharnaüm qu’il y régnait. Le tiroir avait beau être plus petit que ceux du bureau, la quantité de babioles amoncelées ici était bien plus importante que tous les tiroirs du bureau réunis. Un vrai dépotoir en somme. Des stylos cassés ou usés, des cailloux, des coquillages, des bracelets cassés, un rond de serviette de table fêlé et tout un tas d’autres choses dans un état tout aussi lamentable. Ce tiroir servait sans aucun doute de poubelle à souvenirs qu’on ne pouvait afficher librement en raison de leur état.
Il ouvrit ensuite la petite porte juste en dessous. A sa grande surprise, il n’y avait là qu’un roman, probablement celui qu’elle lisait dernièrement. Il grommela alors, tourna la tête vers l’autre chevet et hésita. Finalement il préféra se lever plutôt que de faire son enfant en faisant une roulade sur le lit, il n’était pas chez lui après tout. Il ouvrit donc le tiroir et tout un attirail de soin se présenta à lui. Divers médicaments, une boite à bijoux, un petit miroir, une brosse à cheveux, du rouge à lèvres et plusieurs vernis à ongles. Il pencha la tête en avant et regarda ce que contenait le placard juste en dessous. C’était un sèche-cheveux ainsi qu’un téléphone portable. Il fixa l’appareil plusieurs secondes et s’en empara brusquement, comme si cela avait pu enclencher un quelconque piège emprisonnant sa main au passage.
Une chance pour lui, il était encore allumé. Il fouilla alors dans la section messages et commença à lire le nom des destinataires et le début des messages. Rien d’exceptionnel, tous ne comportaient que des textes en rapport avec les cours, des renseignements, des questions sur un horaire ou sur un rendez-vous, du banal à en mourir. Il grommela alors en remettant le téléphone à sa place, il avait réellement espéré tirer quelque chose de l’appareil. Il referma le tiroir ainsi que le placard, fit la moue et se dirigea vers la sortie, déçu.
Il s’arrêta devant la porte, jeta un coup d’oeil à la pièce et se rendit compte qu’il n’avait pas refermé le premier chevet. Il s’en approcha donc, referma la porte puis le tiroir. Mais ce dernier coinça. Il grommela derechef. Il y avait tellement de babioles à l’intérieur et il y avait mis un tel désordre que ces dernières empêchaient la fermeture du tiroir. Il tenta alors d’étaler les babioles dans le tiroir et retenta sa chance. Ce fut un nouvel échec. Il réessaya à trois reprises et commença à saturer, s’énervant presque. Il se décida alors à forcer et, dans un claquement sourd, le tiroir se ferma. Un bruit étrange suivit alors, comme si quelque chose venait de tomber. Il fronça les sourcils, son imbécilité avait probablement cassé un quelconque souvenir à l’intérieur du tiroir, d’où le premier bruit, mais aussi peut-être un rail du tiroir ou quelque chose permettant à ce dernier de fonctionner correctement. Il râla alors pour lui-même et ouvrit le placard pour constater ce qu’il avait bien pu casser. Les babioles ne le préoccupaient nullement, elles étaient déjà dans un piteux état, qu’une d’entre elles soit encore plus cassée qu’avant ne changerait rien.


Hurlit resta alors de marbre après avoir ouvert le placard. Il n’y avait plus uniquement le roman dans cet espace. Un autre petit livre se trouvait désormais à côté du roman. Le jeune homme s’en empara et reconnut en lui un journal intime. Son regard s’illumina alors et ses yeux brillèrent. Il avait enfin trouvé ce qu’il était venu chercher. Mais curieux qu’il était, il fourra sa tête dans le placard pour comprendre d’où sortait ce journal.
Le jeune homme s’aperçut alors que le tiroir comportait un renfoncement avec les dimensions exactes du journal. Le tiroir comportait donc un double fond, accessible par en dessous, et l’immense quantité de babioles permettait d’empêcher une personne non avertie de voir que le
tiroir n’était pas aussi profond qu’il aurait dû l’être. En regardant avec plus de minutie, il y avait un mécanisme qui permettait, lors d’une fermeture brutale, de faire coulisser une trappe et ainsi entrainer la chute du journal. Hurlit se mit alors à sourire, euphorique, tant par le fait d’avoir trouvé le journal que par l’ingéniosité du système, si rustique soit-il.
Il referma alors le placard, plus que satisfait par sa découverte, et prit la direction de la sortie, le journal à la main. Alors qu’il allait quitter la chambre, il se ravisa et regarda le journal fixement. Il fit alors une légère moue et plaça le journal dans la poche intérieure de sa veste. Il eut alors un hochement de tête, satisfait de ce qu’il venait de faire, et se dirigea vers le rez-de-chaussée.


Hurlit regagna alors le salon où l’attendait sagement Calvin. Il était d’ailleurs en train de déguster des petits biscuits visiblement faits maisons puisqu’encore sur la plaque de cuisson. La mère de Julie ne lui adressa même pas un regard, comme depuis qu’il était arrivé. En le voyant Calvin sourit doucement, déglutit et prit la parole.
-Alors, tu as pu trouver quelque chose ? demanda-t-il.
Hurlit baissa alors la tête et la remua doucement en signe de négation.
Le spécialiste soupira alors et se leva d’un bond. Il s’adressa cette fois à la mère de Julie.
-Je vous remercie d’avoir bien voulu répondre à mes questions et pour votre accueil, Hurlit fit la moue, et ces biscuits, Calvin pointa la nourriture du doigt, mais nous devons vous laisser.
La femme acquiesça alors et quitta son fauteuil.
-Laissez-moi vous raccompagner, docteur Lokki.
Elle se dirigea alors vers la porte d’entrée, l’ouvrit et les deux hommes sortirent. Le jeune homme préféra cette fois passer devant Calvin, bien qu’il doute que, même si la femme l’ignorait, elle aurait fermé la porte avant qu’il ne sorte. Cela l’aurait comme condamné à rester à l’intérieur. Hurlit avança donc sur le chemin sans adresser un quelconque signe à la mère de Julie, cela ne servirait à rien de toute manière. Calvin resta toutefois un instant avec la femme.
-Navré pour le dérangement, d’autant que cela n’a rien apporté de concluant.
Calvin s’inclina alors légèrement et la femme ne dit mot. L’homme fit volte-face et la porte se ferma juste derrière lui.
Le spécialiste entreprit alors de rejoindre Hurlit qui attendait désormais devant la voiture. Calvin déverrouilla les portières à distance et Hurlit s’engouffra dans la voiture quelques secondes avant Calvin.
Le spécialiste démarra ensuite la voiture et ils quittèrent la place de parking juste devant la maison de Julie. Calvin prit immédiatement la parole.
-Sa mère ne sait absolument rien de qui ou quand Julie aurait pu contracter la maladie. Elle est restée normale tout du long des vacances. Sa mère n’a mentionné qu’une faiblesse lors des vacances de Noël, leur fille était malade, chose fréquente en cette période de l’hiver. Une simple grippe ou une quelconque maladie du genre… Rien qui puisse nous faire remonter à celui qui lui a donné la maladie.
Le spécialiste secoua alors la tête et Hurlit jeta un coup d’oeil par la fenêtre, il venait de quitter la rue où se trouvait la maison. Le jeune homme soupira d’aise, porta la main à l’intérieur de sa veste et posa ses yeux du Calvin qui reprit la parole.
-Au final, tout cela n’aura servi à rien.
-Je ne pense pas, j’ai trouvé son journal intime. Il le sortit de sa poche et le plaça dans le champ de vision de Calvin. S’il y a un endroit où on peut trouver l’information que l’on recherche c’est à l’intérieur.
Les yeux du spécialiste se firent aussi ronds que des billes.
-Pourquoi n’avoir rien dit tout à l’heure ?! s’exclama le spécialiste.
-Ses parents n’ont pas besoin de savoir ce que ce journal contient. Il est intime après tout. Déclara le jeune homme en le replaçant dans sa poche.
-Tu ne l’as donc pas encore lu en entier ? demanda Calvin, impatient de savoir ce qu’il pouvait
bien y avoir dans ce journal.
-Non, fit le jeune homme en appuyant la parole par un hochement de tête, le journal est sécurisé par un cadenas à code.
-Nous verrons donc cela à l’hôpital dans ce cas.
Hurlit hocha de la tête en signe d’approbation, sa gorge émettant un léger bruit exprimant sa satisfaction au passage.


Les deux hommes se retrouvèrent dans la salle d’attente après être rentrés à l’hôpital et Calvin s’empressa de parler à Hurlit du journal.
-Montre-le moi s‘il te plait.
Hurlit sourit en coin et le sortit de la poche intérieure de sa veste. Il tendit le journal au spécialiste qui ressemblait à un enfant à qui l’on offrait un cadeau tant attendu. Hurlit rangea alors sa veste dans le placard non sans un soupir. Il repensa à Marlène un court instant puis Calvin le sortit de ses pensées.
-Cadenas à code, nous n’avons vraiment pas le temps de chercher par nous-mêmes et un serrurier ne s’ennuierait pas avec ça, n’en ferait nullement sa priorité ou poserait bien trop de questions.
Le spécialiste lâcha le journal des yeux qu’il tournait entre ses mains et posa son regard sur Hurlit.
-Nous devrions juste le forcer et le casser. Déclara Calvin.
Hurlit se précipita alors sur le journal et l’ôta des mains du spécialiste.
-Surtout pas ! Ce genre de journal est conçu de manière à ce que, si on le force, deux poches d’encre se vident à l’intérieur du journal, rendant les pages illisibles.
-Tu as l’air d’en savoir un rayon. Constata Calvin, amusé.
-J’ai une soeur. Se justifia Hurlit.
Le spécialiste sourit de plus belle puis reprit un air sérieux.
-Une idée pour l’ouvrir dans ce cas ?
-Julie connait forcément le code, elle pourrait très bien l’ouvrir d’elle-même.
Calvin fronça les sourcils et sembla perdu dans une profonde réflexion. Il revint à lui une dizaine de secondes plus tard.
-Nous pouvons toujours essayer en effet. Le spécialiste se redressa de tout son long, inspira profondément et fit volte-face. Allons-y de suite d’ailleurs.
Hurlit ne se le fit pas répéter et suivit le spécialiste.


Les deux hommes parvinrent au couloir puis devant la pièce où était Julie. Hurlit regarda par la vitre et vit Julie toujours assise en tailleur, fixant un point au loin mais cette fois en direction de la porte. Il fit un pas en arrière et s’adressa à Calvin.
-Elle est éveillée et calme apparemment. Déclara-t-il.
Calvin hocha alors de la tête et ouvrit la porte. Il regarda Hurlit pénétrer dans la pièce, le surveillant tout autant qu’il l’observait. Le jeune homme fixa un moment Julie, s’accroupit puis déposa le journal à terre avant de le pousser juste devant elle. Sa main gagna ensuite son propre genou et il attendit plusieurs secondes.
Julie n’eut absolument aucune réaction.
-Si c’est comme avec les repas, elle pourrait ne pas réagir avant une heure voire plus. Affirma Calvin en faisant une légère moue.
Hurlit se résigna alors et se releva pour sortir de la pièce, non sans un regard quelque peu déçu pour Julie. Calvin referma la porte derrière lui et, aussitôt, le jeune homme colla son visage à la vitre, observant Julie. Le spécialiste haussa un sourcil et secoua la tête, quelque peu déconcerté.
-Je comprends ton impatience mais tu ne comptes tout de même pas rester ici jusqu’à ce qu’elle daigne l’ouvrir ?
Hurlit ferma les yeux et soupira. Calvin avait raison. Il fit la moue puis soupira et se décolla de la
vitre. Mais alors qu’il allait complètement quitter Julie du regard, il reporta son visage devant la vitre en un éclair.
-Elle vient de s’emparer du journal ! s’exclama-t-il.
Cette fois c’était lui qui agissait comme un enfant excité. Calvin vint alors se coller à lui et observa aussi ce que Julie faisait.
La jeune femme tourna le journal à plusieurs reprises entre ses mains puis ses doigts rencontrèrent le cadenas. Elle porta le système sous son regard et resta immobile un instant. A la regarder ainsi, n’importe qui aurait pu croire une enfant incrédule devant un jouet qu’elle rencontrait pour la première fois et dont elle ne comprenait pas le principe. Ses doits se mirent finalement en mouvement de manière mécanique, comme s’ils agissaient contre la volonté de Julie. Le cadenas se déverrouilla alors dans un léger sursaut de la couverture. Les deux hommes eurent exactement le même genre de réaction que le livre, un sursaut d’excitation. La jeune fille ouvrit ensuite le journal, resta stoïque plusieurs secondes puis, d’un geste aussi vif que l’éclair, s’empara d’un morceau de papier avant de laisser tomber le journal et de fuir rapidement dans un coin de la pièce. Les deux hommes échangèrent un regard interrogateur. Calvin se décala alors et Hurlit fit de même pour le laisser ouvrir la porte.
Hurlit alla alors ramasser le journal intime et regarda un instant Julie, prostrée dans son coin et serrant contre sa poitrine ce qu'elle avait retiré vivement du carnet. La jeune femme le regarda faire, jeta un coup d'oeil à la pièce et, à la grande surprise de l'homme, elle lui adressa la parole.
-Bonjour, je suis ici à cause de la maladie n'est-ce pas ?
Hurlit resta de marbre et la fixa longuement, les yeux grands ouverts et des larmes se glissèrent entre ses paupières sous le choc.
-Oui. répondit-il finalement.
Julie le fixait sans cesse et Hurlit se rendit alors compte que cet instant de lucidité était déjà terminé.
Il la salua tout de même et quitta la pièce en refermant la porte derrière lui. Calvin le regarda et l'interrogea du regard.
-En reprenant ce morceau de papier, elle a eu un moment de lucidité. déclara-t-il.
Calvin haussa un sourcil, surpris.
-Quel était ce papier ? demanda-t-il, intrigué.
-Je ne sais pas du tout ce que c'était. Peut-être daignera-t-elle le lâcher par la suite.
-Oui, nous ne pouvons pas lui arracher si cela l'apaise. affirma Calvin en acquiesçant. Elle a donc ouvert le journal.
-Oui et je vais aller le lire de suite.
Calvin hocha la tête en signe d'approbation et reprit la parole.
-Je vais aller m'occuper des autres pour les laver avec le personnel. Encore merci pour tout à l'heure même si ce n'était pas très professionnel.
Calvin fit volte-face et Hurlit le regarda s'éloigner avant de poser ses yeux sur le carnet. Il resta un instant ainsi puis se reprit et sortit du couloir à la hâte pour gagner la chambre de repos et ainsi être au calme.

Par Raziel - Publié dans : La Maladie du Coeur - Communauté : jeune auteur et compositeur
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Lundi 5 décembre 2011 1 05 /12 /Déc /2011 19:07

Une fois dans la salle de repos, il s'assit sur le fauteuil, passa sa main sur le journal, inspira profondément et hésita. Il allait pénétrer dans un jardin secret sans la permission de son propriétaire mais le fait de croire que cela allait peut-être pouvoir sauver cette personne lui permit de l'ouvrir.
Sur la première page, il put lire l'habituelle présentation. Celle-ci ne comportait qu'une unique phrase complétée par la main de Julie avec une écriture très soignée. "Journal intime de Vertine Julie." était cette unique phrase qui trônait au centre de la page. Il passa à la page suivante et
écarquilla les yeux en voyant ce que la jeune femme y avait dessiné. Il y avait un gros coeur, très bien dessiné avec un prénom écrit en son centre. Ce prénom était celui de Calixte.
Hurlit haussa un sourcil, intrigué par ce dessin.
-Serait-ce lui ? se demanda-t-il en fronçant les sourcils.
Il tourna alors les pages avec rapidité en cherchant la trace de ce prénom. Il le vit à de nombreuses reprises mais les récits ne contaient rien de particulier, rien que des journées banales en compagnie d'amis. Il s'arrêta soudain. Il venait de se rendre compte que depuis quelques pages le nom de Calixte revenait souvent et que les récits des journées étaient plus longs qu'auparavant. Il revint donc en arrière et s'arrêta quand il parvint au jour où vraisemblablement tout avait commencé. Ce qu'il avait sous les yeux s'était déroulé quelques semaines plus tôt en fait. Il commença alors à lire.


Le 12 décembre.


Aujourd'hui Calixte est venu me voir après les cours et il m'a annoncé que, comme nous traînions et rions tout le temps ensemble et que j'étais une fille plutôt brillante en cours, il aurait aimé que je devienne sa femme. Je ne savais pas quoi dire sur le coup, en général ce sont les parents qui décident ce genre de choses. Il a alors cru que je pensais qu'il n'était pas digne de moi et, je ne saurai dire ce qui m'a pris, j'ai accepté et l'ai embrassé dans la foulée pour sceller le pacte, comme c'est l'usage. Nous sommes ensuite rentrés chacun de notre côté. J'étais très gênée et j'ai même eu du mal à lui souhaiter une bonne soirée. Mes parents ne doivent absolument pas le savoir.


Le 13 décembre.


J'ai rejoins Calixte, ce matin, devant le bâtiment de cours et nous nous sommes embrassés comme le font tous les couples pour montrer aux autres qu'ils sont ensemble et que personne n'a le droit de convoiter l'une ou l'autre des personnes. Pour ce que j'en ai vu, cela n'a surpris personne. Tous doivent penser que nos parents sont au courant. D'ailleurs je ne sais pas si ceux de Calixte le sont. Je pense que c'est le cas, cela me semblerait logique même si les miens ne le sont pas.
Nous avons d'ailleurs marché main dans la main toute la journée quand cela était possible. Désormais toute la faculté sait que nous sommes ensemble. J'espère que cela ne reviendra pas aux oreilles de mes parents, pas dans l'immédiat en tout cas. Je ne saurai comment leur avouer que j'ai accepté sans réfléchir ni les consulter.


Le 14 décembre.


Alors que nous étions dans la bibliothèque en train de chercher un livre, je ne sais pas ce qui m'a pris, j'ai posé mes lèvres contre les siennes. Il n'a rien dit mais j'ai trouvé cela assez étrange après coup et me suis excusée, honteuse. Les baisers sont un bonjour et un au revoir réservé aux couples. Il faut que je fasse plus attention, il pourrait finir par mal le prendre.
Les cours ont été atroces aujourd’hui. Madame Loyat nous a presque insultés de cons en se disant désespérée de nous avoir alors qu’elle rendait nos devoirs. Sans parler de cette notion incompréhensible que monsieur Filofa veut nous inculquer.


Le 15 décembre.


C'est le week-end et j'ai passé la nuit avec lui chez un ami après une petite soirée. Nous avons
passé un long moment à nous étreindre et à nous caresser. J'ai réellement apprécié ce moment et je crois que je ne me suis jamais sentie aussi bien. Je n'ose pas lui en parler ni même à qui que ce soit. Peut-être l'alcool y est-il pour quelque chose même si je trouve que je n'ai pas bu tant que ça. Je ne sais pas si ce genre de comportement et de sentiments sont normaux chez un couple.


Le 16 décembre.


Journée banale à la maison. J'ai toutefois eu du mal à quitter Calixte devant chez son ami. Mais cela ne change pas vraiment de d'habitude. J'ai d'ailleurs passé la journée dans un état maussade, comme me l'a fait remarquer ma mère. Probablement la nostalgie suite à cette soirée excellente et aussi un peu la gueule de bois mais cela m'étonnerait beaucoup, je n'ai jamais eu la gueule de bois même avec bien plus d'alcool.
(Je crois que je me répète avec cette histoire d’alcool, je dois perdre la boule.)


Il y avait alors un dessin griffonné en bas de page représentant une tête avec un entonnoir sur la tête et tirant une langue surdimensionnée. Le dessin fit d’ailleurs sourire Hurlit.


Le 17 décembre.


Journée habituelle à rire et traîner dans les rues de la ville avec les amis. Barbara a essayé une robe magnifique sous nos yeux. Evidemment elle est repartie avec. Sale bourge !


Après cette phrase il y avait un petit dessin fait rapidement d'une femme portant une longue robe et marchant au milieu de pièces de monnaie. Hurlit sourit derechef à sa vue, c'était évidemment de l'ironie, le gros coeur à côté le signalant clairement. Il tourna ensuite la page et reprit sa lecture.


Le 18 décembre.


Depuis le jour du baiser de la bibliothèque, je n'arrête pas de vouloir l'embrasser sans pour autant que ce soit pour dire bonjour. Cela commence à me faire de plus en plus de peine. Je sens que je vais finir par craquer. J'en rêve même la nuit et quand je suis à ses côtés c'est une vraie torture de se retenir. C'est simple, il m'obsède.


Le 19 décembre.


J'ai embrassé Calixte trois fois dans la journée. Je n'arrive plus à contenir mes envies. J'ai un peu peur de ce sentiment. Calixte n'a rien dit et ne m'a pas rejetée, je crois qu'il a même souri lors du troisième baiser. Etrangement, j'en suis ravie. Peut-être qu’il a apprécié lui aussi.


Le 20 décembre.


Ils ont parlé d'un homme qui avait tué trois infirmiers à la télévision. Il souffrait de la maladie du coeur et, lors de sa première crise, il a tué ces personnes. D'après la vidéo, il criait le nom d'une femme à tue-tête. Cela m'a fait un choc en le voyant. Je crois que, en fait, je suis malade, moi aussi.


Hurlit releva la tête, les yeux écarquillés et interdit. Il resta ainsi un moment, elle avait donc conscience d'être malade ou du moins elle le pensait. Avide de savoir la suite, il replongea dans le journal de Julie.


Je n'ose pas en parler à qui que ce soit, cette maladie est un vrai fléau et est dépeinte comme la pire au monde. Si jamais quelqu'un, et notamment mes parents, venait à l'apprendre j'aurai de gros ennuis et je pourrai me voir séparée de Calixte. Je ne pourrai tout simplement pas y survivre.


Hurlit relut la dernière phrase de cette journée à plusieurs reprises puis s'arrêta un long moment sur le dernier mot. Il tourna vivement la page et reprit sa lecture mais en lisant plus rapidement. Il voulait savoir absolument jusqu'où allait ce journal et avec quels détails.


Le 21 décembre.


J'ai embrassé Calixte à plusieurs reprises et j'ai cherché son contact toute la journée. L’information concernant ce pauvre homme m’a fait redoublé d’envie de contact avec Calixte. Il a répondu à chacun de mes désirs. Je suis friande de ses caresses. Je me suis surprise à espérer qu'il soit lui aussi malade et qu'il ne fasse pas tout cela pour ne pas me décevoir.
C’est un peu horrible comme pensée quand on voit les conséquences.


Le 22 décembre.


Cette fois c'est Calixte qui est venu m'embrasser. J'ai été surprise quand il l'a fait mais je me suis sentie si légère que ce sentiment de gêne a disparu très rapidement. Toutefois, il ne l'a fait qu'une seule fois dans la journée. J'étais déçue mais le fait de savoir qu'il ait pris les devants au moins une fois me réjouit. Peut-être est-il malade et lutte-t-il contre la maladie. Moi je n'y arrive pas.
Encore une fois, je pense à cette maudite maladie mais je ne peux m’empêcher de faire le rapprochement entre ma situation et cette maladie.


Le 23 décembre.


Après l'avoir embrassé cinq fois dans la journée, je n'en pouvais plus. J'ai pris Calixte à part et lui ais tout avoué. Il m'a regardé fixement en m'écoutant attentivement et quand j'ai eu fini, il m'a embrassé avidement. Il a alors avoué que, depuis le début, il était malade mais qu'il avait peur. Depuis cet instant, je suis aux anges et je nage en plein bonheur.
Nous ne pouvons plus nous passer l’un de l’autre désormais, qu’importe que cela soit une maladie, je suis réellement heureuse.


Le 24 décembre.


Aujourd'hui c'est le dernier jour de cours avant les vacances de Noël qui se fête demain. Calixte est venu me voir, paniqué, ce matin devant le bâtiment où nous nous attendons chaque matin. Ses parents lui ont annoncé que ce soir ils partaient au Japon une semaine et qu'ils allaient passer la seconde semaine de vacances dans le sud de la France. Cela m'a fait un puissant choc et j'ai failli perdre l'équilibre. Pendant tout ce temps nous ne pourrons pas être ensemble et nous ne pourrons pas non plus communiquer. Que ce soit mes parents ou les siens, aucun n'est au courant de notre relation et si jamais ils venaient à apprendre que nous sommes malade, ce serait le drame. Nous
n'avons pas le choix, nous allons devoir faire avec.
Nous avons donc sécher les cours toute la journée pour être ensemble. La séparation fut vraiment douloureuse mais je tiendrai, il le faut.


Le 25 décembre.


Un gribouillis presque illisible s'étalait sur toute la page. Hurlit le fixa un long moment, tourna le journal un peu dans tous les sens et finit par comprendre ce qui était écrit.


C'est le Noël le plus pourri de toute ma vie.


Hurlit grimaça et tourna la page pour passer au jour suivant.


Le 26 décembre.


La page était restée vierge, tout comme celle de la journée du 27 décembre.


Le 28 décembre.


J'ai un peu mal au ventre depuis avant-hier, je prends des cachets. Demain ce devrait être fini. L'absence de Calixte est douloureuse mais je tiens le coup. J’ai envie de le serrer dans mes bras. Je crois que cette nuit j’ai câliné mon oreiller comme une gamine en pensant à lui, j’ai presque honte.


Le 29 décembre.


J'ai des maux de ventre atroces. Je ne sais pas ce qui m'arrive mais c'est horrible, j'ai beau prendre les cachets cela ne passe pas, c'est pire que des coliques. J'essaie au mieux de ne pas penser à Calixte mais c'est purement impossible. Autant à cause des maux que de l'absence de Calixte, je pleure régulièrement.


Le 30 décembre.


J'ai mal !


Le 31 décembre.


J'ai vomi cinq fois aujourd'hui, cela semble avoir finalement mis fin aux maux de ventre. Quelle étrange maladie avais-je bien pu attraper ? Sûrement une indigestion ou quelque chose du genre. Je suis bien contente que cela soit fini en tout cas.
Ce soir on fête le réveillon, je vais essayer de me noyer dans l'ambiance pour tenter de me remonter le moral.


Le 1er janvier.


J'ai connu mieux mais j'ai réussi à rire et à mettre un peu de côté l'absence de Calixte. Je me sens mieux.


Le 2 janvier.


Je ne sais pas ce qui m'arrive de nouveau, j'ai mal à la poitrine depuis ce midi et j'en suis venue à pleurer sous la douleur, ce soir. Qu'est-ce qu'il m'arrive !?


Hurlit grimaça fortement. Dans son écriture, brouillonne et bancale, on pouvait aisément y lire la panique et la détresse.


Le 3 janvier.


Je crois que tous ces malaises et douleurs sont une manifestation physique de l'absence de Calixte. Je subis les conséquences de la maladie.
J'ai tellement mal sentimentalement et physiquement. Je veux mourir. Que tout cela cesse…


Le 4 janvier.


La douleur au niveau du coeur s'est légèrement apaisée mais je crache du sang désormais. J'ai peur mais je ne peux pas en parler à mes parents. Je dois tenir et rester forte. Vivement la fin des vacances. Calixte me manque.


Hurlit lisait attentivement et éprouvait un certain chagrin devant toute la peine qu'avait ressentie Julie pendant toutes les vacances. La dernière phrase était d'ailleurs présente en de multiples exemplaires et écrite dans tous les sens de manière à couvrir chaque blanc de la page.


Le 5 janvier.


Je crache toujours du sang et je tremble sans arrêt, je crois même que j'ai des moments d'absence. Calixte, je t'aime.


La dernière phrase prenait toute la page et était donc écrite en gros. A la différence de la première phrase, qui montrait que, effectivement, elle tremblait, celle-ci était nette. Elle avait dû se forcer à faire cesser les tremblements pour écrire ces mots.

 


Hurlit tourna alors la page et les pages blanches s'enchaînèrent. Il soupira et se souvint alors que Julie était arrivée en urgence le 7 janvier, soit deux jours après la dernière page où elle eut écrit quelque chose. Elle avait d'ailleurs probablement écrit la dernière phrase en sachant que ce serait ses derniers mots dans son journal.
D'après les recherches du docteur Ikho et ce qu'il venait de lire, c'était le dénommé Calixte qui avait transmis la maladie à Julie. Mais quel était l'intérêt de transmettre la maladie si on en souffrait aussi par la suite ? Julie et Calixte semblaient en plus avoir conscience de la maladie. Non, Calixte n'avait pas transmis la maladie intentionnellement, il en avait même eu peur et d'après les récits de Julie, il avait un comportement normal. Elle ne pensait même pas qu'il ait pu la contracter avant qu'il ne lui avoue, elle avait juste espéré. A quoi rimer tout ceci ?! Pourquoi ont-ils continué dans la voie du développement de la maladie ? Julie savait bien ce qui l'attendait, elle avait vu cet homme à la télévision et en avait même déduit qu'elle était probablement malade.
Hurlit ferma les yeux et soupira bruyamment, il ne comprenait absolument rien. Il se souvint alors de la phrase où Julie parlait de nager dans le bonheur. Etait-ce donc pour cette raison ? Mais le prix à payer était si lourd pour quelque chose qui semblait si éphémère. Tout cela à cause
de l'amour. Il reposa ses yeux sur la dernière phrase du journal et la fixa longuement. Cette phrase était comme une incantation dans une langue perdue depuis des millénaires. L'amour était la conséquence de la maladie et tout le monde le rejetait fortement. Cette phrase, il ne l'avait tout simplement jamais entendue et c'était la première fois qu'il la lisait ailleurs que dans un livre de symptomatologie.
La porte de la salle s'ouvrit soudain et Calvin se présenta à lui, le faisant sortir de sa réflexion.
-Julie s'est endormie et j'ai pu récupérer ce qu'elle avait pris dans son journal. déclara-t-il.
Hurlit se leva du fauteuil et s'empara du papier que Calvin lui tendait.
-Mais c'est la photo d'un jeune homme. Serait-ce Calixte ?! demanda-t-il en se tournant vers le journal intime qui reposait sur le fauteuil.
-Calixte ? demanda Calvin en haussant un sourcil.
-C'est celui qui lui a probablement transmis la maladie d'après ce journal.
-Mais comment expliquerais-tu qu'une simple photo de ce jeune homme puisse redonner un peu de lucidité à Julie ? Ce n'est qu'une photo. déclara Calvin en se plaçant à côté de Hurlit.
-Je n'en sais rien. fit Hurlit en se laissant tomber sur le fauteuil. Je ne comprends rien à tout ceci.
Calvin s'assit à côté de Hurlit et commença à lire le journal pendant que Hurlit fixait inlassablement la photo, comme s’il allait découvrir un quelconque charme magique sur celle-ci.


Calvin releva finalement la tête du journal et posa son regard sur Hurlit. Le jeune homme était perdu dans ses pensées, le regard vide et toujours fixé sur la photo.
-Peut-être que cette maladie est psychique et non physique et qu'elle ne se déclare que dans certaines conditions ? proposa Calvin après avoir lu les derniers jours du journal intime de Julie. Cette idée ne me plait guère mais ce n'est pas impossible.
-Quelque chose de psychosomatique en fait… Et l'élément déclencheur serait cette sensation de bonheur que ressentait Julie en étant auprès de Calixte ? enchaîna Hurlit. Cela se tient mais nous ne pouvons pas le prouver.
-Il faut tout d'abord contacter les divers hôpitaux équipés du sud de la France, ainsi que ceux du Japon, et leur faire parvenir cette photo au plus vite. Nous devons faire transférer ce jeune homme ici et rapidement ! affirma vivement Calvin en se levant.
-Calixte n'est pas un prénom commun, cela facilitera les recherches. ajouta Hurlit en se levant, il avait regagné espoir malgré l'incompréhension de la maladie.
-Je m'occupe de ceci immédiatement, il n'y a pas de temps à perdre.
Hurlit lui rendit la photo et Calvin sourit doucement avant de prendre la direction de la sortie.
-Si nous parvenons à réunir ces deux personnes, nous pourrons peut-être faire quelque chose pour les sauver ainsi que tous les autres. Beau travail, Hurlit. Le docteur s'était peut-être trompé en s'aventurant dans la voie de la maladie physique et par contamination tel un virus.
Hurlit sourit largement suite à ce compliment et fut empli d'un sentiment de joie. Ils allaient peut-être parvenir à soigner les malades du coeur. Calvin sortit ensuite à la hâte et Hurlit se pencha de nouveau sur le journal intime et le relut, depuis le début cette fois-ci.

Par Raziel - Publié dans : La Maladie du Coeur - Communauté : jeune auteur et compositeur
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Samedi 24 mars 2012 6 24 /03 /Mars /2012 14:47

-Et bien, c’est plutôt indiscret de lire le journal intime d’une jeune femme ! fit soudain la voix de Marlène.
Hurlit releva la tête et plongea son regard dans les yeux de Marlène, un sourire mêlé à un pincement de lèvres sur le visage.
Il ne l’avait nullement entendu pénétrer dans la pièce et aurait pu passer à côté de sa voix si elle n’avait pas parlé au moment où il tournait la page.
-Ce n’est pas comme si je le faisais par curiosité malsaine. Et je ne lis que les jours où Calixte est mentionné par ailleurs. Le reste ne m’intéresse pas. Il sourit doucement et ferma le journal.
-Et serait des plus indiscrets, elle a sûrement un certain nombre de secrets qu’elle aimerait ne partager qu’avec son journal. Marlène s’assit à côté de Hurlit et sourit en coin. Mais raconte-moi ce que tu as pu apprendre de ce journal, Calvin m’a dit qu’il n’avait pas de temps pour ça et que je te trouverai ici.
Elle fixa le jeune homme intensément, une profonde curiosité, mêlée à une légère excitation, brillait dans ses yeux.
Hurlit resta un moment bouche-bée puis porta son regard sur le journal qu’il rouvrit. Il feuilleta les pages rapidement et Marlène se pencha vers lui, la tête au dessus de son bras droit, fixant le journal avec un intérêt non dissimulé. Hurlit entendait désormais sa respiration, sentait son souffle sur son corps et son odeur… son parfum… il ferma un instant les yeux et se reprit rapidement. Ce n’était pas le moment de sombrer dans une pseudo léthargie due à une certaine nostalgie. Cette soirée au restaurant prenait vraiment une place importante dans ses pensées, au point qu’il se demanda un instant si sa vie de solitude consacrée aux études n’avait pas été un simple gâchis. Il secoua imperceptiblement la tête pour faire fuir cette idée, bien sûr que non sinon il n’en serait pas là actuellement.
La page qu’il cherchait se présenta alors à ses yeux et il cessa de feuilleter le journal. Il pointa alors une ligne et prit la parole.
-Regarde ici, elle dit avoir conscience d’être malade. Il se tourna dans le fauteuil et plaça le journal sur l’accoudoir de manière à ce que Marlène puisse le lire. Enfin elle pense l’être en tout cas.
Marlène prit le journal entre ses mains et lut le jour que Hurlit avait choisi. Les yeux de la jeune femme devinrent aussi ronds que des billes pendant un court instant puis elle tourna la tête d’un geste sec vers Hurlit. Mais il ne vit rien de cette expression, il s’était déjà emparé du journal et chercha un autre jour qu’il présenta à la jeune femme.
-Regarde, ici, c’est presque impensable, elle a écrit que Calixte lui avait dit l’être depuis bien longtemps mais qu’il luttait contre.
Hurlit s’agitait désormais en tout sens dans son fauteuil alors que Marlène lisait.
-Les malades, au moins certains, savent qu’ils le sont. Certains doivent donc éviter de la développer à un stade où le retour n’est plus possible mais ces deux là sont allés volontairement jusqu’au bout ! C’est insensé, ils savaient où cela les mènerait.
Marlène resta sans voix, le regard fixé sur le journal. Hurlit reprit alors le journal de ses mains et la jeune femme revint à elle.
-N’y a-t-il aucune raison à cela de mentionner dans son journal ? demanda-t-elle en le regardant fixement.
-Il semblerait que la maladie lui procurait un sentiment de bonheur. Il fit la moue. Mais même pour cela, un bonheur si éphémère et une fin si atroce. Je ne comprends pas ce choix.
Hurlit secoua la tête de droite à gauche, marquant ainsi son incompréhension.
-Mais, fit Marlène après quelques secondes, tu vas les guérir non ? Calvin m’a dit que vous aviez peut-être un moyen pour les sortir de là ?
-Je ne sais pas. Dit-il en grimaçant. Ce n’est pas sûr du tout. Il posa ses yeux dans ceux de Marlène. Elle a repris ses esprits quand elle a vu la photo de ce jeune homme, je pense que c’est sa présence ou quelque chose comme cela qui permet à la maladie de ne pas s’emballer, c’est comme un apaisant. Et si une photo a un tel effet sur elle, cela veut dire que la maladie n’a rien de virale mais qu’elle est psychique. Les deux malades auraient alors besoin l’un de l’autre pour ne pas sombrer. Peut-être que si nous les réunissons la maladie s’estompera, non en fait c’est sûr et certain puisque c’est le fondement même de la théorie virale d’ailleurs. D’après le journal, tout commence à dégénérer quand ils se séparent, il parait donc logique qu’en les rassemblant tout irait mieux. Mais cette photo… Il posa ses yeux sur le journal. Une simple photo ne peut remplacer une personne, ça ne peut pas être une maladie somatique. A moins que la photo portait une quantité non négligeable d’un élément apaisant provenant du jeune homme, non impossible la photo a été prise à son insu cela se voit et il n’a jamais dû la toucher, ni même la voir.
Le jeune homme soupira finalement, sa réflexion l’embrouillait plus qu’autre chose. Tout cela le dépassait et allait contre tout ce qui avait été établi au sujet de la maladie du coeur jusqu’à aujourd’hui.
Il sentit alors une douce chaleur sur son bras droit et releva la tête. Marlène lui tenait l’avant-bras et souriait doucement.
-Je suis sûre que tu trouveras un moyen de faire quelque chose pour elle et les autres, tu es allé bien plus loin que tout les autres scientifiques à ce sujet. Tu as besoin de leur prouver ta théorie et j’ai confiance en toi.
Elle resserra son étreinte et son sourire s’agrandit. Hurlit rosit doucement sans s’en rendre compte et il sourit doucement.
-Merci pour ton soutien, c’est… agréable de se savoir soutenu ainsi. Déjà au restaurant… Son coeur rata un battement et le jeune homme se figea une seconde avant de se reprendre.
-C’est normal, nous travaillons ensemble après tout. Elle hésita alors un instant en se pinçant la lèvre inférieure puis enchaina après une courte inspiration. Nous sommes désormais amis qui plus est.
Le coeur de Hurlit rata de nouveau un battement et il mit du temps à revenir à lui, si bien qu’il sentit l’étreinte de Marlène s’estomper sur son bras et son corps s‘éloigner.
-Oui, nous sommes désormais plutôt proches et amis en effet. Dit-il finalement en souriant largement.
Marlène lui rendit alors son sourire et son corps reprit sa position initiale, collé à l’accoudoir et proche de Hurlit. Sa main resta sur l’avant-bras du jeune homme et elle tendit sa main libre vers le journal dont elle s’empara. Elle offrit un sourire en coin à Hurlit.
-Il est préférable que ce soit une femme qui le lise, je pense.
Elle lui fit un clin d’oeil en tirant légèrement la langue. Hurlit haussa un sourcil mais la laissa faire, amusé. Ses yeux se posèrent sur la page de garde, celle contenant le gros coeur avec le nom de Calixte en son centre et Marlène resta de marbre.
-Indéniablement celui qui est à l’origine de la maladie. Remarqua Hurlit.
-En effet, c’est des plus explicites, ce prénom bien écrit et placé au centre d’un tel coeur… ajouta Marlène. Il y a d’autres marques de ce genre dans le journal ?
Le jeune homme hocha de la tête en signe de négation.
-C’est la seule et unique de ce genre. Il se raidit alors et prit le journal d’un geste brusque qui surprit Marlène et l’observa les yeux grands ouverts. Il y a aussi… il tourna les pages les unes après les autres et s’arrêta sur la dernière qui n’était pas blanche. Ceci !
Marlène pencha la tête vers lui pour mieux voir et stoppa net quand elle lut ce qui était écrit.
-Je t’aime. Lut-elle avant de reprendre place dans le fauteuil.
-C’est la première fois que le lisais ailleurs que dans un livre d’étude, je ne l’avais même jamais entendu. Tu es la première à le dire d’ailleurs. Nota-t-il en souriant doucement.
-Désolée, je n’ai pu m’empêcher de le dire. S’excusa-t-elle en grimaçant doucement.
-Ce n’est rien. Fit Hurlit en cherchant à la rassurer avec un léger sourire sur le visage.
-Je ne l’avais jamais dit, ni lu, ni entendu où que ce soit, c’est vraiment… surprenant. Ajouta Marlène.
-C’est le symptôme le plus mythique de la maladie. Une simple phrase que seuls les malades prononcent mais qu’ils se gardent de dire évidemment. Il se figea alors, releva la tête et afficha un air paniqué avant de reprendre. Je veux dire, tu l’as dit mais… enfin tu l’as juste lu c’est différent…
Hurlit avait viré au rouge complet, confus et embarrassé au possible, si bien que Marlène se mit à rire ce qui renforça le sentiment de gêne de Hurlit.
-Tu n’as pas à t’en faire pour ça, je ne suis probablement pas la première personne à le lire de vive voix, certains doivent essayer lors d’étude ou de nuits dont le thème est l’horreur ou ce genre de chose. Elle sourit alors chaleureusement. Et si je venais à l’être je suis sûre que tu prendrais bien soin de moi.
Incapable de dire quoique ce soit dans son état, Hurlit hocha simplement de la tête en signe d’acquiescement.
Marlène se leva alors d’un bond et Hurlit leva les yeux vers son visage, l’interrogeant du regard.
-Je n’avais pas vu l’heure, s’empressa-t-elle de se justifier en se dirigeant vers son casier, mais il faut que j’aille chercher ma plus jeune soeur à l’école.
Instantanément Hurlit posa ses yeux sur l’horloge et s’aperçut qu’il était déjà 16heures. Il écarquilla les yeux en grand et posa son regard sur Marlène.
-Cela fait plusieurs heures que je lis ce journal, je n’ai même pas accompagné Calvin dans la distribution du repas, qui l’a fait à ma place ? s’inquiéta-t-il en se levant aussi.
Marlène venait de ranger sa blouse de cuisine et enfila prestement son manteau avant de se tourner vers Hurlit, un léger sourire en coin.
-Une infirmière de l’équipe en charge de laver les malades l’a accompagné, tu n’as pas à t’en faire. Il serait venu te chercher s’il avait eu besoin. Déclara-t-elle en se dirigeant vers la sortie.
Hurlit se rassit au même instant, soulagé par ce que venait de lui dire la jeune femme.
-Bonne lecture et ne soit pas trop curieux ! On se revoit ce soir pour le repas du soir.
Elle lui offrit un clin d’oeil et fila comme le vent avant qu’il n’ait pu dire quoique ce soit. Il resta un long moment à fixer la porte, s’égarant dans ses pensées. Il ressassa toutes les paroles que Marlène avait eues lors de leur conversation. Il pouvait compter sur elle pour le soutenir dans ses recherches pour tenter de sortir Julie, et les autres, de leur état léthargique voire de démence quand cela arrivait. Tout était allé si vite en quelques jours à peine. Lui qui était resté plusieurs années à étudier pour en arriver là, avait lu toutes les études, ou presque, portant sur la maladie, tous ces résultats qui corroboraient la théorie virale du docteur Ikho, premier à avoir émis l’hypothèse d’une maladie virale. Aujourd’hui il défiait toutes ces notions qu’il avait apprises par coeur après avoir lu un simple journal intime.
Il soupira profondément et son corps s’affaissa dans le fauteuil adoptant une position plus relaxée, voire un peu trop, presque comme s’il n’avait plus aucune manière. Où tout cela allait-il donc le mener, s’il devait porter cette théorie devant la communauté scientifique comment réagirait-elle ? Il émit un grognement à cette pensée, nul doute que cela créerait une puissante polémique au sein des scientifiques concernés ou un rejet en bloc. Il avait besoin de plus d’arguments et de faits qu’un simple journal intime. Mais pour l’heure il n’avait que ça sous la main. Il porta son regard sur le livre, le prit entre ses mains, le rouvrit et entreprit à nouveau de le lire cherchant un indice ou un moment avant-coureur de la maladie. Il fronça alors les sourcils et son regard se perdit au loin. Et si ce moment se trouvait dans un des journaux précédents, un moment qui remonterait à plus d’un an ? Par chance, Julie changeait de journal à chaque nouvel an, ou presque, Hurlit avait donc presque une année entière de décrite sous les yeux. Il réfléchit à la question puis haussa les épaules. Cela faisait quelques semaines à peine qu’ils étaient ensemble et malades, surtout pour Julie, il ne savait pas grand-chose au final du cas de Calixte mais d’après lui, il n’était pas nécessaire de remonter à plus d’un an pour trouver un signe de la maladie. Il secoua alors la tête, comment pourrait-il expliquer aux parents qu’il cherchait les anciens journaux intimes de leur fille sans leur parler de celui-ci de toute manière. Il valait mieux continuer et rester sur celui-ci en conclut-il finalement avant de finalement relire une énième fois le journal.


Cette fois c’est le spécialiste qui vint le sortir de sa lecture, en début de soirée.
-Alors, quelque chose de concret après toute une journée de lecture en plus de ce que tu m’as montré ce midi ? demanda Calvin en se plaçant en face de Hurlit qui lâcha le livre du regard.
-Rien. Fit Hurlit en fermant le journal quelque peu brusquement avant de le poser sur la petite table non loin de lui.
-Tu sembles exténué pour ne pas dire agacé. Constata Calvin en faisant la moue.
Hurlit soupira profondément et frotta son visage entre ses mains.
-Désolé, maugréa-t-il, mais je ne trouve rien de plus que ce que j’ai pu te montrer ce midi et j’avoue que cela me dépite quelque peu.
-Ce qui reste déjà une excellente chose qui t’a permis d’ouvrir la voie vers une nouvelle théorie. Le spécialiste posa sa main droite sur l’épaule de Hurlit et le secoua légèrement. Rien que ceci est déjà plus que conséquent. Ne pousse pas trop et ne t’acharne pas non plus, s’il n’y a rien de plus dans ce journal alors il va falloir passer à autre chose pour corroborer les premiers arguments qui y sont.
Hurlit fit une moue sceptique puis son visage reprit une expression plus posée et neutre. Calvin retira alors sa main de son épaule et fit un pas en arrière, satisfait de voir le jeune homme reprendre un peu ses esprits.
-Allez, nous avons du travail, cette fois-ci, aucune infirmière ne pourra te remplacer pour la distribution du soir. Déclara l’homme avant de se placer devant la porte de sortie.
Hurlit acquiesça d’un léger hochement de tête fixa un court instant le journal devant lui puis se leva pour suivre Calvin jusqu’aux cuisines pour commencer la distribution.


Calvin poussa la porte des cuisines et le chariot s’imposa à eux si bien que Hurlit ne put même pas entrer dans la pièce, Calvin le tira immédiatement hors de la pièce.
-Il semblerait que nous ayons pris du retard sur les cuisines. Constata Calvin une fois isolé des cuisines.
-Navré. Fit Hurlit d’une voix à peine audible.
-Il n’y a pas à s’excuser, ce n’est pas comme si les deux chariots étaient déjà prêts. Fit le spécialiste en haussant les épaules et poussant le chariot vers la première chambre.
Les deux hommes s’arrêtèrent devant la pièce la plus proche des cuisines et la distribution commença.
Il n’y eut aucune altercation, aucun patient ne bougea, ce fut une distribution des plus calmes jusqu’à ce Calvin passe devant une chambre sans s’arrêter, chose qui fit hausser un sourcil au jeune homme.
-Quelque chose ne va pas avec Violoni ? s’inquiéta Hurlit.
Calvin émit un léger grognement et s’arrêta devant la porte de la prochaine chambre.
-Il n’est plus ici. Déclara le spécialiste en prenant un plat dans les mains avant d’ouvrir la porte.
Hurlit grimaça en repensant à sa soeur qui était venue le voir juste avant de partir, elle ne serait probablement pas revenue pour assister à son enterrement, pensée qui renforça sa grimace.
Le service continua sans un mot, même lors de la seconde partie où, là encore, le chariot plein de nourriture les attendait à l’entrée de la cuisine.
Une fois de plus, ce fut tout de même Hurlit qui donna le diner à Julie.
Comme la plupart du temps, et comme tout les malades, elle était assise dos au mur et ne bougeait pas d’un pouce. Hurlit pénétra alors dans sa chambre et lui servit son diner. Il avait retenu la leçon, il ne la quittait pas un instant des yeux, sur le qui-vive mais le regard emplit de compassion. Le spécialiste sourit en le voyant procéder de la manière adéquate. Rester méfiant sans pour autant ne plus rien ressentir d’autre que la crainte que le malade lui saute dessus. Être seulement paré à toute éventualité.
Hurlit sortit alors de la pièce avec le plateau du repas du midi et le plaça sur le chariot avec les autres. Calvin referma la porte et Hurlit le regarda faire avec un léger pincement au coeur.
-Quand penses-tu que nous aurons un retour pour Calixte ? demanda-t-il alors que Calvin reprenait le chariot en main pour le rapporter aux cuisines.
-Cela dépend du service qui l’a accueilli, s’il est débordé nous n’aurons probablement pas de réponses avant deux ou trois jours, au mieux demain ou dans la nuit. Affirma Calvin en avançant.
-Ce serait une bonne chose de pouvoir progresser le plus vite possible. Ajouta Hurlit, une note d’impatience dans la voix.
Calvin hocha de la tête en signe d’affirmation et les deux hommes continuèrent d’avancer dans le couloir.
La porte des cuisines en vue, Hurlit accéléra légèrement le pas pour passer devant Calvin et ouvrir la porte. Comme après chaque service, il ne restait désormais plus que le chef dans la pièce. L’homme tourna la tête vers eux et sourit doucement avant de se remettre à nettoyer les ustensiles.
-Tu donneras mes condoléances à sa soeur. Fit alors sa voix.
Hurlit eut un léger sursaut, il ne s’était nullement attendu à ce qu’il parle.
-J’y veillerai, je laisse le chariot ici comme d’habitude ? demanda Calvin de manière rhétorique.
-Oui, la machine aura bientôt fini avec le premier service. Confirma le chef tout en continuant de nettoyer la cuisine.
-Bonne soirée alors.
-A toi aussi, Calvin… et le bleu aussi.
L’homme daigna tourner la tête vers eux et les gratifia d’un léger sourire une nouvelle fois.
-Merci, bonne soirée. Lança Hurlit en croisant son regard juste avant qu’il ne reporte son attention sur le nettoyage.
Les deux hommes quittèrent alors la pièce et s’engagèrent sur le long couloir pour sortir. La porte franchie, Calvin s’arrêta et Hurlit fit de même en haussant un sourcil interrogateur.
-Je vais appeler la soeur de Violoni, je te souhaite une bonne nuit, Hurlit. Déclara alors Calvin en souriant doucement. Repose-toi bien et ne passe pas ta nuit à lire et relire le journal d’accord ? Laisse-le ici d’ailleurs.
Hurlit fit une légère moue, à l’évidence il avait effectivement planifié d’emporter l’objet chez lui pour le décortiquer à nouveau.
-Entendu. Se résigna-t-il en faisant un pas en arrière. Bonne soirée à toi aussi alors, à demain.
-A demain.
Le spécialiste se tourna alors vers une jeune femme à côté de lui et commença à lui parler de Violoni. Hurlit fit la moue en pensant à Julie puis tourna les talons pour se diriger vers la salle de repos.


Il pénétra dans la pièce et se dirigea vers son casier, non sans jeter un oeil vers celui de Marlène, entrouvert. A l’évidence, elle était déjà partie. Il se changea alors, enfila sa veste et ferma son casier avant de se tourner vers la sortie. Le journal attira alors son regard, il n’était plus là où il l’avait posé mais sur le fauteuil. Il s’en approcha et le prit entre ses doigts. Marlène avait dû le déplacer en le feuilletant un court instant avant de quitter l’hôpital. Il repensa alors à leur petite conversation ici même et sourit doucement. Elle avait comme un don pour le mettre à l’aise. Il soupira d’aise et hésita un long moment, observant le journal et le soupesant. Il grimaça alors et retourna vers son casier. Il y enferma le journal et se décida finalement à sortir.


Hurlit quitta l’hôpital et une fois sorti, comme à son habitude, il inspira profondément, emplissant ses poumons de l’air extérieur et sortant définitivement de l’établissement jusqu’à son retour le lendemain. Il sentit alors qu’il avait eu raison de laisser le journal dans son casier, c’était mieux ainsi. Il prit alors la direction pour rentrer chez lui. Il longea la rue principale, toujours aussi illuminée et regarda les objets mis en vitrine dans les diverses boutiques. Il s’arrêta soudain et resta figé au centre de la rue. Il venait de stopper son avancée devant le même magasin que celui que Marlène avait longuement observé lors de leur soirée au restaurant.
Il la revit alors à ses côtés, se remémorant la scène avec une nostalgie des plus profondes et se disant que ce soir il était seul, d’autant qu’il n’avait même pas eu l’occasion de la croiser aux cuisines ne serait-ce que du regard, et qu’il en serait probablement ainsi le plus souvent. Une grimace apparut sur son visage à son insu et il reprit ses esprits ainsi que son chemin. Mais à peine eut-il fait un pas qu’une femme l’interpella soudain. Il se retourna.
-Hurlit ! cria une femme en accourant vers lui.
Le jeune homme la dévisagea, la surprise se lisant dans son regard.
-Alicia ? balbutia Hurlit.
-Ahah ! rit légèrement la jeune femme. J’étais sûre que c’était toi, tu as attiré mon regard à rester planté là au milieu du trottoir.
La jeune femme reprit alors son souffle, elle avait à l’évidence couru pour traverser la route et le rejoindre.
-Alors, que deviens-tu ? On ne te voit plus au club ! Elle lui fit un clin d’oeil. Tu manques à certaines des clientes, moi y compris tu sais.
-Je suis désolé, Alicia, je suis vraiment occupé dernièrement et je ne trouve pas réellement la force ni le temps d’aller au club.
-C’est vraiment dommage. Déclara-t-elle en faisant la moue. Tu n’as pas un soir que tu pourrais réserver pour le club ?
Hurlit se concentra alors et sembla réfléchir, il sourit finalement avant d’acquiescer pour lui-même.
-Je devrais pouvoir venir d’ici quelques jours, je ne sais plus quand exactement mais nous avons un jour de libre.
-Ouuuh ! s’exclama la jeune femme. J’ai tellement hâte ! Je serai au club à t’attendre dans les prochains jours tout les soirs alors !
-Je te réserve mon retour alors.
-Toujours aussi attentionné, j’ai hâte de pouvoir remettre les pieds dans une chambre du dixième étage, Hurlit. Alicia se pinça la lèvre inférieure de manière sensuelle et ferma les yeux un instant.
-Il n’y a pas d’autres hommes avec un statut comme le mien ou plus élevé au club ? s’étonna Hurlit en haussant un sourcil.
-Si, bien sûr que si… la jeune femme afficha un air désespéré. Mais la plupart sont des sauvageons ou des porcs. Pesta-t-elle. Je préfère encore un homme comme j’aime et une chambre moyenne que ces gens là.
-Je vois. Dit Hurlit en souriant doucement. Je ferai au mieux pour te satisfaire quand le moment sera venu.
-Soit juste comme tu sais l’être Hurlit et ce sera parfait. Elle lui fit alors un clin d’oeil et s’apprêta à tourner les talons quand elle s’arrêta nette. Je pourrai t’avoir pour moi seule et toute la nuit ? demanda-t-elle en le regardant à peine.
-Entendu. Cela me convient. Accepta-t-il en souriant doucement.
Alicia sourit alors largement et déposa un baiser sur la joue du jeune homme avant de s’écarter.
-A dans quelques jours au club alors ! lança Alicia en s’éloignant alors.
Hurlit la regarda s’éloigner puis disparaitre de son champ de vision.
Il reprit alors sa route vers son appartement en prenant soin de s’acheter un repas dans un restaurant offrant des plats à emporter. Ce soir ce sera donc un gros sandwich chaud. Repas qu’il dévora en marchant jusque chez lui sans cesser de penser à ce qu’il avait mangé la veille et à Marlène qui lui avait permis de renouer avec le côté social de la vie. Il éprouvait, pour elle, une profonde gratitude et se demanda s’il se devait de faire quelque chose pour lui rendre la pareille. Elle lui avait offert une invitation dans son restaurant préféré ainsi que son amitié, c’était désormais à lui de lui rendre la pareille.
Tout en y réfléchissant, il continua de manger écartant chacune des idées qu’il avait, ne les trouvant pas assez personnelles à partager avec Marlène. Alors qu’il commençait à s’énerver quelque peu à ce sujet, il se rendit compte qu’il n’avait plus rien à manger. Il grommela, jeta le papier dans la première poubelle venue et décida de réfléchir à ce qu’il allait partager avec Marlène plus tard. D’autant qu’il apercevait désormais le coin de la rue où il vivait. Il accéléra alors le pas.


Hurlit pénétra dans ce qui lui servait de demeure, un appartement des plus simples et relativement petit. Un salon qui faisait office de salle à manger et de cuisine aussi, une chambre et une salle de bain. Le lieu était ce qu’il y avait de plus banal, propre et rangé, presque austère, si bien qu’on aurait presque cru que personne n’avait mis les pieds ici depuis un long moment, seule l’absence de poussière permettait de savoir qu’en effet quelqu’un entretenait les lieux.
Il referma la porte d’entrée d’un coup de hanche et celle-ci se verrouilla d’elle-même. Il posa ses clefs sur une étagère vide, posa sa veste sur le porte-manteau et retira ses chaussures qu’il laissa en place devant la porte. Il se dirigea vers son canapé et allait se laisser tomber quand il vit cette lumière rouge sur le téléphone fixe signalant qu’il avait un message vocale. Il fit la moue, se redressa et envisagea d’aller consulter le ou les messages. Il enclencha le bouton et attendit que la voix lui parvienne.
-Bonjour Hurlit, c’est maman, fit l’appareil alors que Hurlit grimaçait largement, pourrais-tu me rappeler ce soir, même si tu rentres tard ce n’est pas grave, je ne serai pas en train de dormir. A ce soir donc.
Le message s’arrêtait ainsi. Le jeune homme se gratta la joue et soupira avant de se diriger vers son frigo. Il empoigna une canette de bière et la vida d’une traite avant de jeter le contenant vide dans la poubelle. Il retourna auprès de l’appareil téléphonique, s’en empara en grommelant et alla se laisser tomber sur le canapé. Il composa le numéro, posa le téléphone contre son oreille et attendit.
-Bonsoir. Fit la même voix que celle du message vocale.
-‘soir m’man. Fit Hurlit d’une voix monotone et sans conviction.
-Je me doutais bien que c’était toi, alors comment se passe ton travail ? demanda-t-elle.
Le regard de Hurlit se détourna au loin et il mit plusieurs secondes à répondre.
-Tout va bien, je m’occupe des malades, rien de mirobolant ou qui puisse t’intéresser.
-Je vois, je t’ai appelé surtout parce que j’ai eu des nouvelles de ta soeur.
Le regard de Hurlit se fit intéressé cette fois et il sembla plus attentif à ce que lui disait sa mère.
-Cela fait bien plusieurs mois que tu n’en avais pas eues. Constata Hurlit.
-Oui, elle est débordée apparemment avec son entreprise et avec ses prétendants aussi, le visage de Hurlit reprit alors une expression morne, elle dit que cela ressemble trait pour trait à des entretiens d’embauche pour sa boite.
-Cela doit lui faire plaisir quelque part, je pensais qu’elle serait déjà mariée depuis le temps. Elle avait dit amasser une somme correcte d’argent depuis un moment chaque mois.
-Ta soeur fait sa difficile et elle peut se le permettre, elle. La femme insista légèrement sur le dernier mot et Hurlit ferma les yeux en inspirant profondément. D’ailleurs j’ai parlé avec madame Frey. Sa fille Alexane, le corps de Hurlit s’effondra sur lui-même, qui est très ravissante, a trouvé un travail qui rapporte une coquette somme depuis quelques semaines. J'ai évidemment parlée de toi et de ta situation à madame Frey, ça n’a pas été facile mais j’ai réussi à la pousser à faire parler de toi à sa fille. Elle serait d’accord pour te voir et savoir si tu serais un bon mari pour elle.
Sa mère semblait des plus excitées, comme si c’était à elle qu’on annonçait une nouvelle des plus attendues et joyeuses.
-Tu sais que je rentre tard le soir et pars tôt le matin, Alexane a été mise au courant de cet état de fait ? demanda Hurlit.
-Et bien justement, étant donné la somme d’argent qu’elle gagne, tu pourrais cesser ton travail sans que cela ne pose problème, après tu trouverais un petit truc pour t’occuper et…
-Maman…. Soupira Hurlit en lui coupant la parole.
-Ecoute Hurlit, s’emporta sa mère, au vue de ta situation, tu n’es pas en droit de refuser, il serait temps que tu trouves une femme avec qui vivre. Etre seul n’est pas convenable pour notre famille, je veux avoir des petits enfants et voir ma famille traverser le temps dans de bonnes conditions.
-Et Célestine ?
-Ta soeur est en Amérique, ne me parle pas d’elle ! Il est question de toi, là ! Alors tu ne vas même pas chercher à discuter et tu feras en sorte qu’elle accepte de t’épouser quand elle passera te voir à l’hôpital.
-Je vois. Soupira le jeune homme.
-Alexane est une fille agréable et tout ce qu’il y a de plus charmante, tu le sais très bien.
-Je sais très bien m’man comment est Alexane et l’épouser ne me gêne pas en soi…
-Je suis désolée pour ton travail Hurlit, même s’il te tient à coeur, avoir une position sociale élevée est bien plus important de nos jours. Sans elle tu sais ce qui se passera n’est-ce pas ?
-Oui je ne le sais que trop bien, mère.
La femme grommela à l’autre bout de l’appareil suite à cette appellation.
-Parfait, je ne veux pas que notre famille perde son statut et que nous soyons reléguer à une classe plus basse avec moins de pouvoirs et de droits.
-Je sais. Maugréa Hurlit.
-Bien, je compte sur toi donc, madame Frey me tiendra au courant donc n’essaie pas de me cacher quoique ce soit. Le prévint-elle. Je te rappellerai plus tard donc.
-Au revoir m’man.
Et la ligne coupa.
Le jeune homme soupira bruyamment, s’affala dans le canapé et jeta le téléphone sur le fauteuil non loin comme pour éloigner cet appareil maudit de lui.
Il grommela ensuite, frotta son visage frénétiquement, notamment ses yeux, comme pour se faire violence, se réveiller un minimum et clarifier un tant soit peu ses pensées. Il entreprit alors de se laver et d’aller dormir.


Le lendemain, Hurlit se présenta à l’hôpital mais aucun signe de Calvin dans la salle de repos, hormis le journal qu’il avait l’habitude de lire chaque matin présent sur la petite table. Au moins il n’aurait pas l’impression d’être attendu comme la veille. Il entreprit comme toujours de se changer, referma son casier une fois la chose faite, en posant un long regard sur le journal intime, et se dirigea vers la sortie.
Il gagna donc le couloir où les malades étaient et trouva Calvin devant la porte de la chambre de Julie. Il l’observait impassiblement. Hurlit s’avança vers lui et s’arrêta juste à côté, jetant un coup d’oeil à la jeune femme qui dormait en position assise, dos au mur, la tête sur les genoux.
-Bonjour. Fit le jeune homme d’un ton légèrement enjoué.
-Calixte est mort. Annonça grièvement Calvin sans sommation.
Le corps de Hurlit se figea immédiatement et il sentit alors le sol se dérober sous ses pieds, vacilla sur place et manqua de perdre totalement l’équilibre.

Par Raziel - Publié dans : La Maladie du Coeur - Communauté : jeune auteur et compositeur
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Vendredi 6 avril 2012 5 06 /04 /Avr /2012 01:04

Le spécialiste s’était rué sur Hurlit pour le soutenir. Mais à son regard et son visage exprimant une grande surprise, il n’avait visiblement pas imaginé que le choc serait si important. Il aida ensuite Hurlit à poser son dos sur le mur et s’écarta pour l’observer. Le jeune homme avait le regard vide comme s’il n’était plus qu’une coquille vide, il ne bougeait d’ailleurs plus mais tenait au moins debout.
Calvin grimaça fortement et le saisit en passant son bras autour de son propre cou et commença à l’aider à se déplacer. Il sortit donc du couloir et le hall se présenta à eux. Personne ne les remarqua réellement et le peu de gens qui les virent ne s’en préoccupèrent guère. Un médecin qui aidait un patient à se déplacer n’était pas une chose rare dans un hôpital après tout. Ils
parvinrent donc à la salle de repos sans encombre et Calvin le déposa doucement dans le fauteuil.
Hurlit avait toujours le regard vide et son visage tremblait quelque peu. Calvin s’approcha alors pour s’assurer qu’il n’avait pas rêvé et, soudain, la joue droite de Hurlit eut un soubresaut. Calvin se redressa alors et quitta la salle à la hâte.


Hurlit n’entendait plus rien et ne voyait plus rien, combien même il avait les yeux ouverts, il était complètement déconnecté de ce qui l’entourait à l’image de tout les malades dont il avait la charge avec le spécialiste. Tout ce qu’il avait à l’esprit était cette énorme brèche qui s’était ouverte tout à coup dans ses espoirs, ses rêves et tout ce qu’il avait pu envisager, les ravageant comme un cyclone couplé à un séisme ravageraient une petite bourgade non préparée et située en plein épicentre. Ses souvenirs refirent alors surface de manière chaotique et submergèrent son esprit.


-Alors ? Alors ?! Tu nous as trouvés sur la liste ?! s’exclama la jeune femme se tenant en retrait du jeune homme qui cherchait parmi la foule son nom sur un panneau.
-J’ai du mal à trouver, y a trop de noms en L, c’est a-bu-sé… et surtout trop de têtes. Grommela le jeune homme en tordant son cou pour s’adresser à celle qui l’avait questionné avant de reposer ses yeux sur la longue liste.
-Ah j’ai ! s’écria-t-il soudain. Logga Célestine tu es…
Il tourna la tête vers elle et fit la moue. Le visage de la jeune femme se décomposa alors et devint blême.
-Admise ! finit alors le jeune homme.
Célestine sauta alors en criant à tue-tête qu’elle était admise alors que Hurlit s’extirpait tant bien que mal de la foule agglutinée près des panneaux.
-Pouah ! fit-il en se plaçant à côté de celle qui passait pour une éberluée à danser sur place sans musique. C’est pire que les examens en fait, la pire épreuve. Il épousseta alors sa veste et son jean et posa ses yeux sur sa soeur. Enfin pour toi ce fut un jeu d’enfant. Il sourit alors en la regardant se calmer petit à petit.
-Et toi, Hurlit ? Admis je suis sûre ! demanda-t-elle, sautillant toujours sur place, euphorique.
Le jeune homme hocha de la tête en signe d’acquiescement.
-Quelle appréciation ? Questionna-t-elle en penchant la tête vers lui alors que ses yeux s’étrécissaient.
-Très bien. Répondit Hurlit en détournant le regard.
Célestine explosa alors de rire.
-Parfois je suis vraiment jalouse que tu ais pris les 75% d’intelligence quand on était ensemble dans le ventre à m’man.
-99% tu veux dire non ? rectifia Hurlit en tirant la langue.
Célestine regarda alors ailleurs et fit mine de l’ignorer avant de revenir à la charge.
-En attendant qui a le plus de charme entre nous deux ?
-Comme si c’était important !
-Bien sûr que ça l’est ! Je finirai au moins au niveau 8 avant de mourir !
-Ca ira les chevilles ?
Hurlit regarda alors les jambes de Célestine. Cette dernière s’empressa de remonter sa jupe.
-Il semblerait, toujours aussi magnifiques.
Elle émit alors un rire cristallin en plaçant sa main devant sa bouche.
-Ton rire de mégère est absolument horrible, tu sais. Affirma Hurlit en secouant doucement la tête.
-Encore quelque chose que tu as égoïstement pris à plus de 80% !
Il fit un geste évasif de la main et prit la direction de la sortie du bâtiment.
-Allons fêter ça au bar avec les amis avant que m’man nous réclame pour une leçon de vie et d’avenir.
Célestine grommela et lui emboita le pas.
-Quelle chiante celle-ci. Vivement que j’intègre l’école de commerce et que je ne la vois plus.
-M’en parle pas.
Les deux jumeaux quittèrent le bâtiment à la hâte et rejoignirent un groupe de personnes qui semblaient les attendre à l’extérieur.


Les souvenirs enchainèrent alors sur une autre scène floue. Les deux jumeaux étaient devant une femme et semblaient se disputer de vive voix pendant qu’un homme était assis dans un fauteuil, impassible. La jeune femme tapa alors du pied et sembla hurler, la femme en face fit la même chose et la gifla mais la fille stoppa net la main avant qu’elle n’atteigne son visage et disparut. C’est donc le jeune homme qui se vit confier la marque de la main sur sa joue. Contrairement à sa soeur, il ne broncha pas et ne bougea pas pendant que la femme vociférait. Elle leva soudain le bras et pointa les escaliers. Le jeune homme s’éclipsa alors.


Hurlit se tenait désormais devant un panneau plus petit mais semblable à celui du premier souvenir. Il y avait une foule bien moins conséquente et, surtout, sa soeur n’était pas là. Il venait de voir ses résultats et entreprit donc de quitter les lieux, des voix parvinrent alors à ses oreilles.
-Encore major et avec 4 points de plus sur sa moyenne que le deuxième. Fit un garçon.
-Une vraie machine à apprendre, c’en est presque effrayant. Rétorqua un second jeune homme.
-Pas étonnant qu’il soit tout le temps seul. Déclara une jeune femme.
-J’ai entendu des profs dire qu’il visait la spécialité « Maladie du Coeur ». Reprit le second.
-Avec de telles notes, il peut se permettre ! Enchaina la fille.
-C’est pas comme si on pouvait la soigner cette foutue maladie, ça sert à rien comme spécialité à part se la couler douce. Rétorqua le premier.
-Vu comme ça… Approuva le second jeune homme.
-Ca nous laisse le champ libre pour des spécialités plus intéressantes. S’exclama la jeune femme.
-Il ne sera pas une nuisance, t’as raison. A nous la meilleure spécialité. Confirma le second garçon.
Le groupe se mit alors à pousser un cri de victoire et Hurlit se retira sans protester.
Ils avaient raison après tout. Depuis des années de recherche, rien n’avait jamais permis quoique ce soit au sujet de cette maladie. Pas même quelque chose permettant d’enrayer la contamination, dont on ne savait pas grand-chose si ce n’était les résultats du docteur Ikho. Les rumeurs allaient donc bon train au sujet de ceux qui choisissaient cette section. Un avenir sûr à chasser des chimères.


Le noir total reprit alors sa place dans l’esprit de Hurlit. Il avait cru en ses chimères et avait réellement pensé pouvoir trouver quelque chose de conséquent. Il avait cru pouvoir sauver Julie. Mais tout était fini, Calixte était mort et les espoirs de sauver Julie avec. Etait-ce ainsi avec chaque patient, encore et encore ? Pourrait-il supporter de voir tout au long de sa vie les malades mourir entre ses mains sans qu’il puisse faire quoique ce soit ? A quoi s’était-il attendu en pénétrant ici après tout, c’est ce qu’on lui avait appris à l’université. C’est d’ailleurs ce que lui avait dit Calvin quand il avait pénétré dans le couloir pour la première fois. Cet endroit n’est qu’un couloir d'attente où les malades sont isolés et meurent à petit feu. Une profonde tristesse envahit alors Hurlit et des larmes commencèrent à couler sur ses joues sans qu’il ne s’en rende compte.
Il sentit alors une douce chaleur l’enlacer, il pensa alors à sa soeur mais le parfum qu’il put sentir lui fit comprendre qui était là. Il revint alors à la réalité et se mit à sangloter en enlaçant celle qui était en train de tenter de le réconforter, Marlène.
Ils restèrent un moment l’un contre l’autre, les larmes de Hurlit coulant sans qu’il ne puisse les arrêter. C’était la blouse de Marlène qui se chargeait de sécher les joues du jeune homme quand il bougeait la tête entre deux moments d’absence. Il ne revoyait plus son passé mais il n’était pas non plus totalement dans le présent.
Alors que Marlène tentait de le réconforter et de le ramener par la même occasion complètement dans la réalité en le serrant contre elle et caressant parfois son dos, il finit par prendre la parole.
-Je pensais vraiment qu’il serait en vie… qu’on allait pouvoir le faire transférer et qu’il sauverait Julie et lui-même aussi.
Il marqua une pause, serrant le poing avec force alors que Marlène faisait une légère grimace en accentuant son étreinte.
-Pourquoi a-t-il fallu qu’il meurt si vite ? Nous aurions pu…
Sa voix s’éteignit alors et Marlène sentit ses lèvres remuer sur son épaule en silence. Elle entrouvrit la bouche mais se ravisa, ne sachant pas quoi dire. Elle ferma alors les yeux, inspira profondément et s’écarta avant de finalement se décider à tenter quelque chose. Elle ne pouvait pas le laisser ainsi ou le dorloter encore et encore.
-Julie est ta première patiente, tu as pu élaborer toute une théorie autour de la maladie grâce à elle mais ce n’est pas parce qu’elle n’a sûrement plus d’espoir d’être guérie que tu dois l’abandonner et tout les autres avec elle. Si ce n’est pas elle que tu peux sauver, elle pourrait bien te permettre de sauver tout les autres !
Hurlit croisa alors son regard et Marlène se leva, le laissant se reprendre de lui-même.
-Tu n’as pas le droit d’abandonner, pour Julie. Ajouta-t-elle avec un léger sourire.
Le jeune homme baissa alors la tête et contempla ses mains, stoïque, en réfléchissant à ce que Marlène venait tout juste de lui dire.
-Je dois retourner en cuisine pour aider les autres, elle se dirigea donc vers la sortie et se tourna vers lui une fois sur le seuil de la porte, ne baisse pas les bras ! Prouve au monde entier que Ikho avait tout faux.
Elle s’éclipsa alors et Hurlit resta seul à fixer ses doigts en repensant à ce que Marlène venait de lui dire.
Continuer à chercher un moyen de sauver les malades pour Julie, mais combien d’autres malades verrait-il périr ou être condamnés avant de peut-être trouver quelque chose ? Allait-il pouvoir supporter une telle chose ? A l’université on ne lui avait pas appris à mettre ses émotions de côté, uniquement de la théorie concernant la maladie, de la symptomatologie et surtout le comportement et la prise en charge lors d’exercices qui semblaient surréalistes. Aucun des étudiants n’avait jamais pu travailler avec un quelconque malade comme le faisait ceux en médecine, c’était tout simplement interdit. Les risques de contamination ne pouvaient être ignorés. Finalement la réalité dépassait de loin les études prodiguées à l’université. Il n’était absolument pas prêt à endurer tout ceci.
Ses mains se mirent alors à trembler et il mit plusieurs secondes à s’en rendre compte. Il saisit alors sa main gauche de la droite pour faire cesser les spasmes et soupira bruyamment.
-Pour Julie…
Il se leva alors et quitta la pièce.


Il avait décidé d’aller voir Julie et se tenait donc désormais devant sa chambre, l’observant par la petite vitre. Comme souvent elle était assise, dos au mur, et fixait un point invisible loin devant elle, impassible. Il se remémora alors la première fois qu’il l’avait vue.
Il était ici depuis un moment à attendre l’arrivée d’un nouveau malade. En y repensant il s’était senti presque heureux quand un infirmier lui avait annoncé qu’une personne touchée par la Maladie du Coeur était en route pour l’hôpital. Il grimaça alors à ce souvenir qu’il trouvait malsain. Son esprit repassa alors chacun des moments qu’il avait passé avec Julie ou qui lui était lié tel un film.
Complètement absorbé par ses souvenirs, il ne se rendit même pas compte que Calvin était à côté de lui, le chariot de nourriture devant lui, et accompagné d’une femme en blouse d’infirmière.
-Tu devrais rentrer chez toi Hurlit. Fit alors Calvin.
Hurlit eut un léger sursaut de surprise et quitta brusquement ses rêveries. Il posa ses yeux sur le spécialiste, le chariot et finalement l’infirmière qu’il gratifia d’un bonjour maladroit accompagné d’un léger signe de la tête.
-Demain nous sommes en repos, cela te donne donc deux jours pour… te remettre de tout ceci. Enchaina Calvin en fixant Hurlit dans les yeux.
Le jeune homme allait répliquer mais Calvin enchaina.
-Madame Cinnot est avec moi, comme tu peux le constater, le spécialiste posa son regard sur la femme qui l’aidait à distribuer les repas pour appuyer ses paroles, tu n’as donc pas à t’inquiéter de quoique ce soit, d’accord ?
Les yeux du spécialiste revinrent sur Hurlit et semblaient chercher à le forcer à accepter. Le jeune homme acquiesça finalement de la tête.
-Entendu. Dit-il simplement avant de s’écarter de la porte menant à la chambre de Julie. Puis-je juste lui servir son repas ? Questionna-t-il.
Le spécialiste hésita un instant, fit la moue puis accepta la requête du jeune homme. Hurlit s’empara alors du plateau et Calvin lui ouvrit la porte pour le laisser faire. Le jeune homme resta alerte tout du long et déposa donc le plateau à sa place habituelle. Il fixa toutefois Julie plus longuement que la normale lorsqu’il fut accroupi non loin d’elle. Il finit évidemment par se relever et quitta la pièce, toujours sans quitter la jeune femme des yeux.
Calvin referma la porte derrière lui et se tourna ensuite vers Hurlit.
-Merci. Fit le jeune homme à l’attention de Calvin avec un léger sourire sur le visage.
-Repose-toi bien, Hurlit.
Le jeune homme fit un léger mouvement de la tête en signe d’accord.
-A dans deux jours donc, repose-toi bien aussi.
-Sois en sûr ! lança le spécialiste qui semblait plus que ravi de ce jour de repos.
-Bonne journée à vous, Madame Cinnot. Dit alors Hurlit en gratifiant derechef la femme d’un hochement de la tête.
Hurlit s’éloigna alors et, avant de quitter le couloir, fit un signe de main à Calvin pour le saluer.
Il retourna donc à la salle de repos pour se changer.


Il pénétra dans la pièce et soupira légèrement en constatant qu’elle était vide. Il avait espéré y trouver Marlène mais elle était évidemment encore en cuisine. Il ouvrit donc son casier et entreprit se changer, au final aujourd’hui il n’aurait rien fait de plus que de servir Julie. Il replaça sa blouse avec amertume dans la penderie et grommela. Aujourd’hui était l’un des pires jours de sa vie au final. Il soupira en passant une main sur son front, Calvin avait raison, il était préférable qu’il rentre chez lui ou il allait broyer du noir toute la journée à l’hôpital et son attention s’en verrait réduite.
Il secoua alors la tête pour remettre ses idées en place, essayer tout du moins, et allait fermer son casier quand il constata que le journal n’était plus là. Son sang ne fit qu’un tour et une vague de panique le submergea jusqu’à ce qu’il s’aperçoive qu’il y avait une note à la place du journal. Il s’en empara et la lut donc.
-Pour ne pas que tu l’emportes chez toi. Calvin. Disait la note.
Malgré lui un rictus se dessina sur son visage et Hurlit reposa la note à sa place d’origine. S’il avait vu le journal avant de fermer le casier, il l’aurait sans aucun doute emporté chez lui. Calvin semblait tenir à ce qu’il se repose complètement et mette son travail de côté pour se remettre de la mort de Calixte.
Le jeune homme ferma alors son casier, enfila sa veste et quitta l’hôpital pour s’offrir une journée chez lui à s’occuper de son appartement en évacuant sa journée via la musique et des
films.

Par Raziel - Publié dans : La Maladie du Coeur - Communauté : jeune auteur et compositeur
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