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  • : Ici vous trouverez des textes, des phrases, des images. Les thèmes seront divers, variés et sortis de ma tête sauf contre-indication. Certains textes peuvent être à caractère sexuel ou morbide et pourrait donc HEURTER votre SENSIBILITE. Bonne lecture ^^
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Lundi 5 décembre 2011 1 05 /12 /Déc /2011 19:07

Une fois dans la salle de repos, il s'assit sur le fauteuil, passa sa main sur le journal, inspira profondément et hésita. Il allait pénétrer dans un jardin secret sans la permission de son propriétaire mais le fait de croire que cela allait peut-être pouvoir sauver cette personne lui permit de l'ouvrir.
Sur la première page, il put lire l'habituelle présentation. Celle-ci ne comportait qu'une unique phrase complétée par la main de Julie avec une écriture très soignée. "Journal intime de Vertine Julie." était cette unique phrase qui trônait au centre de la page. Il passa à la page suivante et
écarquilla les yeux en voyant ce que la jeune femme y avait dessiné. Il y avait un gros coeur, très bien dessiné avec un prénom écrit en son centre. Ce prénom était celui de Calixte.
Hurlit haussa un sourcil, intrigué par ce dessin.
-Serait-ce lui ? se demanda-t-il en fronçant les sourcils.
Il tourna alors les pages avec rapidité en cherchant la trace de ce prénom. Il le vit à de nombreuses reprises mais les récits ne contaient rien de particulier, rien que des journées banales en compagnie d'amis. Il s'arrêta soudain. Il venait de se rendre compte que depuis quelques pages le nom de Calixte revenait souvent et que les récits des journées étaient plus longs qu'auparavant. Il revint donc en arrière et s'arrêta quand il parvint au jour où vraisemblablement tout avait commencé. Ce qu'il avait sous les yeux s'était déroulé quelques semaines plus tôt en fait. Il commença alors à lire.


Le 12 décembre.


Aujourd'hui Calixte est venu me voir après les cours et il m'a annoncé que, comme nous traînions et rions tout le temps ensemble et que j'étais une fille plutôt brillante en cours, il aurait aimé que je devienne sa femme. Je ne savais pas quoi dire sur le coup, en général ce sont les parents qui décident ce genre de choses. Il a alors cru que je pensais qu'il n'était pas digne de moi et, je ne saurai dire ce qui m'a pris, j'ai accepté et l'ai embrassé dans la foulée pour sceller le pacte, comme c'est l'usage. Nous sommes ensuite rentrés chacun de notre côté. J'étais très gênée et j'ai même eu du mal à lui souhaiter une bonne soirée. Mes parents ne doivent absolument pas le savoir.


Le 13 décembre.


J'ai rejoins Calixte, ce matin, devant le bâtiment de cours et nous nous sommes embrassés comme le font tous les couples pour montrer aux autres qu'ils sont ensemble et que personne n'a le droit de convoiter l'une ou l'autre des personnes. Pour ce que j'en ai vu, cela n'a surpris personne. Tous doivent penser que nos parents sont au courant. D'ailleurs je ne sais pas si ceux de Calixte le sont. Je pense que c'est le cas, cela me semblerait logique même si les miens ne le sont pas.
Nous avons d'ailleurs marché main dans la main toute la journée quand cela était possible. Désormais toute la faculté sait que nous sommes ensemble. J'espère que cela ne reviendra pas aux oreilles de mes parents, pas dans l'immédiat en tout cas. Je ne saurai comment leur avouer que j'ai accepté sans réfléchir ni les consulter.


Le 14 décembre.


Alors que nous étions dans la bibliothèque en train de chercher un livre, je ne sais pas ce qui m'a pris, j'ai posé mes lèvres contre les siennes. Il n'a rien dit mais j'ai trouvé cela assez étrange après coup et me suis excusée, honteuse. Les baisers sont un bonjour et un au revoir réservé aux couples. Il faut que je fasse plus attention, il pourrait finir par mal le prendre.
Les cours ont été atroces aujourd’hui. Madame Loyat nous a presque insultés de cons en se disant désespérée de nous avoir alors qu’elle rendait nos devoirs. Sans parler de cette notion incompréhensible que monsieur Filofa veut nous inculquer.


Le 15 décembre.


C'est le week-end et j'ai passé la nuit avec lui chez un ami après une petite soirée. Nous avons
passé un long moment à nous étreindre et à nous caresser. J'ai réellement apprécié ce moment et je crois que je ne me suis jamais sentie aussi bien. Je n'ose pas lui en parler ni même à qui que ce soit. Peut-être l'alcool y est-il pour quelque chose même si je trouve que je n'ai pas bu tant que ça. Je ne sais pas si ce genre de comportement et de sentiments sont normaux chez un couple.


Le 16 décembre.


Journée banale à la maison. J'ai toutefois eu du mal à quitter Calixte devant chez son ami. Mais cela ne change pas vraiment de d'habitude. J'ai d'ailleurs passé la journée dans un état maussade, comme me l'a fait remarquer ma mère. Probablement la nostalgie suite à cette soirée excellente et aussi un peu la gueule de bois mais cela m'étonnerait beaucoup, je n'ai jamais eu la gueule de bois même avec bien plus d'alcool.
(Je crois que je me répète avec cette histoire d’alcool, je dois perdre la boule.)


Il y avait alors un dessin griffonné en bas de page représentant une tête avec un entonnoir sur la tête et tirant une langue surdimensionnée. Le dessin fit d’ailleurs sourire Hurlit.


Le 17 décembre.


Journée habituelle à rire et traîner dans les rues de la ville avec les amis. Barbara a essayé une robe magnifique sous nos yeux. Evidemment elle est repartie avec. Sale bourge !


Après cette phrase il y avait un petit dessin fait rapidement d'une femme portant une longue robe et marchant au milieu de pièces de monnaie. Hurlit sourit derechef à sa vue, c'était évidemment de l'ironie, le gros coeur à côté le signalant clairement. Il tourna ensuite la page et reprit sa lecture.


Le 18 décembre.


Depuis le jour du baiser de la bibliothèque, je n'arrête pas de vouloir l'embrasser sans pour autant que ce soit pour dire bonjour. Cela commence à me faire de plus en plus de peine. Je sens que je vais finir par craquer. J'en rêve même la nuit et quand je suis à ses côtés c'est une vraie torture de se retenir. C'est simple, il m'obsède.


Le 19 décembre.


J'ai embrassé Calixte trois fois dans la journée. Je n'arrive plus à contenir mes envies. J'ai un peu peur de ce sentiment. Calixte n'a rien dit et ne m'a pas rejetée, je crois qu'il a même souri lors du troisième baiser. Etrangement, j'en suis ravie. Peut-être qu’il a apprécié lui aussi.


Le 20 décembre.


Ils ont parlé d'un homme qui avait tué trois infirmiers à la télévision. Il souffrait de la maladie du coeur et, lors de sa première crise, il a tué ces personnes. D'après la vidéo, il criait le nom d'une femme à tue-tête. Cela m'a fait un choc en le voyant. Je crois que, en fait, je suis malade, moi aussi.


Hurlit releva la tête, les yeux écarquillés et interdit. Il resta ainsi un moment, elle avait donc conscience d'être malade ou du moins elle le pensait. Avide de savoir la suite, il replongea dans le journal de Julie.


Je n'ose pas en parler à qui que ce soit, cette maladie est un vrai fléau et est dépeinte comme la pire au monde. Si jamais quelqu'un, et notamment mes parents, venait à l'apprendre j'aurai de gros ennuis et je pourrai me voir séparée de Calixte. Je ne pourrai tout simplement pas y survivre.


Hurlit relut la dernière phrase de cette journée à plusieurs reprises puis s'arrêta un long moment sur le dernier mot. Il tourna vivement la page et reprit sa lecture mais en lisant plus rapidement. Il voulait savoir absolument jusqu'où allait ce journal et avec quels détails.


Le 21 décembre.


J'ai embrassé Calixte à plusieurs reprises et j'ai cherché son contact toute la journée. L’information concernant ce pauvre homme m’a fait redoublé d’envie de contact avec Calixte. Il a répondu à chacun de mes désirs. Je suis friande de ses caresses. Je me suis surprise à espérer qu'il soit lui aussi malade et qu'il ne fasse pas tout cela pour ne pas me décevoir.
C’est un peu horrible comme pensée quand on voit les conséquences.


Le 22 décembre.


Cette fois c'est Calixte qui est venu m'embrasser. J'ai été surprise quand il l'a fait mais je me suis sentie si légère que ce sentiment de gêne a disparu très rapidement. Toutefois, il ne l'a fait qu'une seule fois dans la journée. J'étais déçue mais le fait de savoir qu'il ait pris les devants au moins une fois me réjouit. Peut-être est-il malade et lutte-t-il contre la maladie. Moi je n'y arrive pas.
Encore une fois, je pense à cette maudite maladie mais je ne peux m’empêcher de faire le rapprochement entre ma situation et cette maladie.


Le 23 décembre.


Après l'avoir embrassé cinq fois dans la journée, je n'en pouvais plus. J'ai pris Calixte à part et lui ais tout avoué. Il m'a regardé fixement en m'écoutant attentivement et quand j'ai eu fini, il m'a embrassé avidement. Il a alors avoué que, depuis le début, il était malade mais qu'il avait peur. Depuis cet instant, je suis aux anges et je nage en plein bonheur.
Nous ne pouvons plus nous passer l’un de l’autre désormais, qu’importe que cela soit une maladie, je suis réellement heureuse.


Le 24 décembre.


Aujourd'hui c'est le dernier jour de cours avant les vacances de Noël qui se fête demain. Calixte est venu me voir, paniqué, ce matin devant le bâtiment où nous nous attendons chaque matin. Ses parents lui ont annoncé que ce soir ils partaient au Japon une semaine et qu'ils allaient passer la seconde semaine de vacances dans le sud de la France. Cela m'a fait un puissant choc et j'ai failli perdre l'équilibre. Pendant tout ce temps nous ne pourrons pas être ensemble et nous ne pourrons pas non plus communiquer. Que ce soit mes parents ou les siens, aucun n'est au courant de notre relation et si jamais ils venaient à apprendre que nous sommes malade, ce serait le drame. Nous
n'avons pas le choix, nous allons devoir faire avec.
Nous avons donc sécher les cours toute la journée pour être ensemble. La séparation fut vraiment douloureuse mais je tiendrai, il le faut.


Le 25 décembre.


Un gribouillis presque illisible s'étalait sur toute la page. Hurlit le fixa un long moment, tourna le journal un peu dans tous les sens et finit par comprendre ce qui était écrit.


C'est le Noël le plus pourri de toute ma vie.


Hurlit grimaça et tourna la page pour passer au jour suivant.


Le 26 décembre.


La page était restée vierge, tout comme celle de la journée du 27 décembre.


Le 28 décembre.


J'ai un peu mal au ventre depuis avant-hier, je prends des cachets. Demain ce devrait être fini. L'absence de Calixte est douloureuse mais je tiens le coup. J’ai envie de le serrer dans mes bras. Je crois que cette nuit j’ai câliné mon oreiller comme une gamine en pensant à lui, j’ai presque honte.


Le 29 décembre.


J'ai des maux de ventre atroces. Je ne sais pas ce qui m'arrive mais c'est horrible, j'ai beau prendre les cachets cela ne passe pas, c'est pire que des coliques. J'essaie au mieux de ne pas penser à Calixte mais c'est purement impossible. Autant à cause des maux que de l'absence de Calixte, je pleure régulièrement.


Le 30 décembre.


J'ai mal !


Le 31 décembre.


J'ai vomi cinq fois aujourd'hui, cela semble avoir finalement mis fin aux maux de ventre. Quelle étrange maladie avais-je bien pu attraper ? Sûrement une indigestion ou quelque chose du genre. Je suis bien contente que cela soit fini en tout cas.
Ce soir on fête le réveillon, je vais essayer de me noyer dans l'ambiance pour tenter de me remonter le moral.


Le 1er janvier.


J'ai connu mieux mais j'ai réussi à rire et à mettre un peu de côté l'absence de Calixte. Je me sens mieux.


Le 2 janvier.


Je ne sais pas ce qui m'arrive de nouveau, j'ai mal à la poitrine depuis ce midi et j'en suis venue à pleurer sous la douleur, ce soir. Qu'est-ce qu'il m'arrive !?


Hurlit grimaça fortement. Dans son écriture, brouillonne et bancale, on pouvait aisément y lire la panique et la détresse.


Le 3 janvier.


Je crois que tous ces malaises et douleurs sont une manifestation physique de l'absence de Calixte. Je subis les conséquences de la maladie.
J'ai tellement mal sentimentalement et physiquement. Je veux mourir. Que tout cela cesse…


Le 4 janvier.


La douleur au niveau du coeur s'est légèrement apaisée mais je crache du sang désormais. J'ai peur mais je ne peux pas en parler à mes parents. Je dois tenir et rester forte. Vivement la fin des vacances. Calixte me manque.


Hurlit lisait attentivement et éprouvait un certain chagrin devant toute la peine qu'avait ressentie Julie pendant toutes les vacances. La dernière phrase était d'ailleurs présente en de multiples exemplaires et écrite dans tous les sens de manière à couvrir chaque blanc de la page.


Le 5 janvier.


Je crache toujours du sang et je tremble sans arrêt, je crois même que j'ai des moments d'absence. Calixte, je t'aime.


La dernière phrase prenait toute la page et était donc écrite en gros. A la différence de la première phrase, qui montrait que, effectivement, elle tremblait, celle-ci était nette. Elle avait dû se forcer à faire cesser les tremblements pour écrire ces mots.

 


Hurlit tourna alors la page et les pages blanches s'enchaînèrent. Il soupira et se souvint alors que Julie était arrivée en urgence le 7 janvier, soit deux jours après la dernière page où elle eut écrit quelque chose. Elle avait d'ailleurs probablement écrit la dernière phrase en sachant que ce serait ses derniers mots dans son journal.
D'après les recherches du docteur Ikho et ce qu'il venait de lire, c'était le dénommé Calixte qui avait transmis la maladie à Julie. Mais quel était l'intérêt de transmettre la maladie si on en souffrait aussi par la suite ? Julie et Calixte semblaient en plus avoir conscience de la maladie. Non, Calixte n'avait pas transmis la maladie intentionnellement, il en avait même eu peur et d'après les récits de Julie, il avait un comportement normal. Elle ne pensait même pas qu'il ait pu la contracter avant qu'il ne lui avoue, elle avait juste espéré. A quoi rimer tout ceci ?! Pourquoi ont-ils continué dans la voie du développement de la maladie ? Julie savait bien ce qui l'attendait, elle avait vu cet homme à la télévision et en avait même déduit qu'elle était probablement malade.
Hurlit ferma les yeux et soupira bruyamment, il ne comprenait absolument rien. Il se souvint alors de la phrase où Julie parlait de nager dans le bonheur. Etait-ce donc pour cette raison ? Mais le prix à payer était si lourd pour quelque chose qui semblait si éphémère. Tout cela à cause
de l'amour. Il reposa ses yeux sur la dernière phrase du journal et la fixa longuement. Cette phrase était comme une incantation dans une langue perdue depuis des millénaires. L'amour était la conséquence de la maladie et tout le monde le rejetait fortement. Cette phrase, il ne l'avait tout simplement jamais entendue et c'était la première fois qu'il la lisait ailleurs que dans un livre de symptomatologie.
La porte de la salle s'ouvrit soudain et Calvin se présenta à lui, le faisant sortir de sa réflexion.
-Julie s'est endormie et j'ai pu récupérer ce qu'elle avait pris dans son journal. déclara-t-il.
Hurlit se leva du fauteuil et s'empara du papier que Calvin lui tendait.
-Mais c'est la photo d'un jeune homme. Serait-ce Calixte ?! demanda-t-il en se tournant vers le journal intime qui reposait sur le fauteuil.
-Calixte ? demanda Calvin en haussant un sourcil.
-C'est celui qui lui a probablement transmis la maladie d'après ce journal.
-Mais comment expliquerais-tu qu'une simple photo de ce jeune homme puisse redonner un peu de lucidité à Julie ? Ce n'est qu'une photo. déclara Calvin en se plaçant à côté de Hurlit.
-Je n'en sais rien. fit Hurlit en se laissant tomber sur le fauteuil. Je ne comprends rien à tout ceci.
Calvin s'assit à côté de Hurlit et commença à lire le journal pendant que Hurlit fixait inlassablement la photo, comme s’il allait découvrir un quelconque charme magique sur celle-ci.


Calvin releva finalement la tête du journal et posa son regard sur Hurlit. Le jeune homme était perdu dans ses pensées, le regard vide et toujours fixé sur la photo.
-Peut-être que cette maladie est psychique et non physique et qu'elle ne se déclare que dans certaines conditions ? proposa Calvin après avoir lu les derniers jours du journal intime de Julie. Cette idée ne me plait guère mais ce n'est pas impossible.
-Quelque chose de psychosomatique en fait… Et l'élément déclencheur serait cette sensation de bonheur que ressentait Julie en étant auprès de Calixte ? enchaîna Hurlit. Cela se tient mais nous ne pouvons pas le prouver.
-Il faut tout d'abord contacter les divers hôpitaux équipés du sud de la France, ainsi que ceux du Japon, et leur faire parvenir cette photo au plus vite. Nous devons faire transférer ce jeune homme ici et rapidement ! affirma vivement Calvin en se levant.
-Calixte n'est pas un prénom commun, cela facilitera les recherches. ajouta Hurlit en se levant, il avait regagné espoir malgré l'incompréhension de la maladie.
-Je m'occupe de ceci immédiatement, il n'y a pas de temps à perdre.
Hurlit lui rendit la photo et Calvin sourit doucement avant de prendre la direction de la sortie.
-Si nous parvenons à réunir ces deux personnes, nous pourrons peut-être faire quelque chose pour les sauver ainsi que tous les autres. Beau travail, Hurlit. Le docteur s'était peut-être trompé en s'aventurant dans la voie de la maladie physique et par contamination tel un virus.
Hurlit sourit largement suite à ce compliment et fut empli d'un sentiment de joie. Ils allaient peut-être parvenir à soigner les malades du coeur. Calvin sortit ensuite à la hâte et Hurlit se pencha de nouveau sur le journal intime et le relut, depuis le début cette fois-ci.

Par Raziel - Publié dans : La Maladie du Coeur - Communauté : jeune auteur et compositeur
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